Gérard CANARD nous a quittés

Il restera toujours « Monsieur BEAUJOLAIS », celui qui a hissé au sommet la notoriété de ce breuvage. Ses compagnons du beaujolais ont dit « chapeau l’artiste », saluant son talent. Il faut aussi saluer les longs et pénibles travaux que ce travailleur infatigable, voyageur aussi infatigable, a dû accomplir.

Infatigable mais hélas pas inépuisable. Son oeuvre peut être comparée à celle d’un tailleur de pierre, la pierre bleue de Brouilly, l’une des plus dure au monde comme il se plaisait à le rappeler. Chaque poignée de main, chaque verre levé furent autant de coups de maillet sur le ciseau qui taille cette pierre et fait jaillir une étincelle pour illuminer l’univers.

Gérard CANARD était un humaniste. Pas un humaniste de salon, un humaniste opératif C’est en misant tout sur les relations humaines, la sincère amitié, la fraternité qu’il a mené sa tâche. Il nous quitte en ce printemps 2009 alors que la crise marque la faillite des experts en tout genre : marketing, étude de marché, analyse financière. Gérard c’était tout le contraire. Le primat de l’humain sur l’économique et il a réussi merveilleusement la promotion du Beaujolais grâce à ces valeurs humaines de confiance, de respect et de fidélité.

C’était aussi un homme de devoir. Il s’est imposé un devoir de réserve lorsque ses successeurs ont remis en question la méthode CANARD, démolissant tout l’édifice de sympathie qu’il avait patiemment construit autour du Beaujolais. Cette réserve officielle ne l’empêchait pas de porter en privé des jugements francs et directs sur les incompétents prétentieux qui se sont installés à sa place.

Gérard était aussi un homme de conviction. Militant Républicain Radical il ne s’est jamais retranché derrière sa fonction, sa notoriété pour ne pas prendre parti. Il a su s’engager de façon juste et digne en gardant le respect de tous.

Je sais tout ce que je lui dois et le poids de son soutien.

Je me souviens aussi des grandes causes auxquelles il a associé le Beaujolais. Lorsque l’Afrique du Sud s’est engagée à sortir de l’Apartheid, son équipe de rugby a été autorisée à rencontrer à nouveau les équipes européennes. Le premier match a eu lieu en France, à Lyon et la réception dans le Beaujolais grâce à la complicité de Gérard et de Bobosse. La convivialité n’enlevait jamais rien à la grandeur.

Et puis, je ne peux m’empêcher d’évoquer ces bons mots, son humour dont il agrémentait ses discours, ses interventions. Chaque fois il feignait de les laisser échapper presque à son insu, s’excusant, avant même d’en avoir terminé.

 

Alors pour rester fidèle à sa mémoire, je me risquerai à dire que c’est bien la 1ère fois que Gérard, si courtois, si attaché aux conventions et aux rituels, manque de savoir-vivre et nous laisse seuls, dans l’embarras, sans lui.

Trop de brutalité et un manque d’autorité

Un manque d’autorité dans tous les sens du terme. Nous avons besoin de gens qui font autorité par leur savoir, leur culture, leur sagesse. Car nous subissons les propos péremptoires d’incultes qui revendiquent leur légitimité à coup de sondage, de démagogie et d’omniprésence médiatique.

Un manque d’autorité aussi, au sens de la fermeté que peuvent opposer des responsables convaincus des décisions réfléchies et cohérentes qu’ils prennent. Car trop souvent surgissent des annonces surprenantes qui répondent davantage à des problèmes conjoncturels qu’aux besoins de réformes structurelles nécessaires.

La brutalité des événements économiques, sociaux qui surviennent rappelle que la vie humaine est un combat de survie sur une planète dangereuse. Le sens de l’Histoire doit être vers une humanité plus fraternelle avec des règles que des autorités feront respecter pour ne pas revenir aux lois de la jungle.

Si l’élection de Barack OBAMA témoignait d’un échelon supérieur gravi dans la civilisation, nous attendons de notre président un self contrôle, une maîtrise de sa parole et des réflexions culturelles et idéologiques qui nous rassurent pour les perspectives à envisager… tous ensemble (disait-il).

Et si nous appliquions la méthode BORLOO à l’Education et à la Recherche !

Il ne faut plus rajouter de la crise à la crise. Notre pays traverse une période difficile dont nous ne sortirons qu’avec de l’imagination. Nos richesses sont nos ressources humaines.

Or notre jeunesse et ceux qui ont la charge de la former sont en crise dans les lycées et dans les universités. Le dialogue est devenu impossible avec les ministres actuels.

Puisqu’un remaniement doit avoir lieu avec le départ programmé de Valérie PECRESSE en campagne régionale et celui annoncé de Xavier DARCOS, il serait utile pour la France d’en appeler au président du Parti Radical, Jean Louis BORLOO, pour mener cette mobilisation ministérielle au service de l’Intelligence.

Jean Louis BORLOO sait écouter et parler aux jeunes. Il sait dialoguer avec des partenaires exigeants, il a parfaitement réussi à la cohésion sociale et son Grenelle de l’Environnement a été adopté à la quasi-unanimité. Il saura redonner de l’espoir à la jeunesse, aux enseignants, aux chercheurs.

Il incarne aussi la culture Radicale qui a permis à la France avec les hussards de la République et l’Enseignement public, gratuit, laïc d’être à l’avant-garde dans de nombreux domaines.

Rien n’est plus urgent aujourd’hui que de remobiliser ces forces vives. Personne ne peut, mieux que Jean Louis BORLOO, mener ce combat. C’est pourquoi les Radicaux proposent à l’UMP, à la majorité présidentielle, au pays tout entier d’en appeler à Jean louis BORLOO pour relever ce défi.

Le 7 juin prochain, nous élirons nos députés européens.

La distance entre les citoyens et les politiques s’explique, selon Michel SERRE, par la faillite des philosophes, l’individualisme grandissant et la modification de l’espace public, raccourci par Internet et les téléphones portables, qui affaiblissent le rôle des élus.

L’Europe reste cependant un espace suffisant pour légitimer le rôle des élus. Le mode de scrutin par liste de grandes régions (Rhône-Alpes – PACA – Corse pour le Sud-Est) ne facilite cependant pas l’identification de nos représentants. Je mets au défi la majorité d’entre nous de citer les députés européens de notre territoire. C’est grave. Surtout à un moment où l’enthousiasme européen souffre de la toute puissance de l’administration de Bruxelles.

Nous avons, plus que jamais, besoin que le Politique prime sur l’administratif, et surtout à l’échelle européenne. Il nous faudra très vite être représentés par un Président qui ne change pas tous les 6 mois et qui ne soit pas, comme c’est le cas actuellement, hostile à l’Europe et discuté dans son propre pays. Il nous faut régler pragmatiquement les problèmes juridiques, commerciaux, administratifs de l’Union Européenne mais en même temps ne pas perdre de vue le grand dessein de l’Europe.

L’Europe pour quoi faire ? Nous garantir la Paix tout d’abord et créer un marché porteur pour nos économies. Mais l’Europe ne peut se réduire à un rassemblement de privilégiés de la planète qui resteraient entre eux pour se partager un bon niveau de vie. L’Europe doit avoir l’ambition de s’ouvrir encore à l’Est (Ukraine, Biélorussie…), au Sud-Est (Turquie, Proche Orient…), au sud (Afrique du Nord) pour partager nos connaissances, nos ressources, nos productions.

Seule une ambition noble, généreuse et fraternelle peut motiver suffisamment pour construire un territoire d’avenir.

Il faudra être vigilant dans la campagne qui s’annonce pour ne pas céder à une élection test de politique nationale, pour ne pas envoyer à Strasbourg des candidats peu motivés que les appareils politiques veulent recaser. Soyons exigeants sur le niveau du débat et sur l’engagement des candidats.

Ce sera une façon de réconcilier la population avec la Politique, au sens noble, car une démocratie ne peut vivre sans conscience politique de ses citoyens.

Une semaine qui répond à certaines interrogations du blog

Lundi 30 mars : le Conseil municipal de Belleville a voté à l’unanimité une baisse des taux des impôts de la commune. La Communauté de Communes Beaujolais-Val-de-Saône avait dû, la semaine précédente, augmenter la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères pour faire face à son accroissement de charge. Le Conseil communautaire a souhaité aller au-delà de l’augmentation des charges pour se donner les moyens d’engager les grands travaux que la population attend : cinéma, médiathèque et réhabilitation de la piscine, tout en maintenant la même redistribution de ressources aux communes.

Le Conseil municipal de Belleville a voulu compenser ces prélèvements supplémentaires en faisant un effort particulier sur la taxe d’habitation mais aussi sur les taxes foncières pour que les commerçants, artisans et les entreprises bénéficient comme les ménages de cette réduction. Cela implique que chaque adjoint et délégué « serre les boulons » de ses dépenses de fonctionnement. Car l’investissement sera maintenu pour aider la relance économique et offrir du travail aux entreprises locales. Nous allons impliquer tout le personnel municipal dans cette démarche d’économie. Il ne serait pas juste qu’en cette année de crise la collectivité ne fasse pas le même effort qu’auront à faire tous nos concitoyens.

La solidarité s’est aussi manifestée par une subvention exceptionnelle au syndicat de gérontologie qui permettra à l’association d’aide à domicile des personnes âgées et handicapées du canton d’être sauvée et de signer une convention avec le Conseil Général pour réduire le coût de l’heure d’intervention à domicile de 19,24 € à 17,50 €. Cette économie permettra aux personnes âgées dépendantes et aux personnes handicapées d’augmenter le nombre d’heures à leur service et créera ainsi des emplois à la personne.

Et nous doublerons le recrutement de jeunes cet été pour donner du travail aux jeunes Bellevillois qui auraient du mal à trouver un job d’été en entreprise dans la conjoncture actuelle.

Je donne toujours rendez-vous aux blogueurs pour leur démontrer que la masse d’impôts prélevée par la commune + la communauté de communes était inférieure à la masse d’impôts prélevée par la seule commune de Belleville avant notre arrivée, même si les taux n’ont pas tous varié uniformément pour respecter les liens imposés par la loi entre les 4 taxes (taxe professionnelle, taxe d’habitation, foncier bâti et foncier non bâti).

 

Mardi 31 mars : débat au Parti radical du Rhône sur la Bioéthique. Edouard TREPPOZ, professeur de droit nous a exposé l’évolution du droit en matière de bioéthique, la notion de « corps » et de « chose », la différence entre « découverte » et « invention » et le droit de propriété intellectuelle, la « brevetabilité du vivant » et ses conséquences sur les dons de sang, d’organes, etc… Ensuite le docteur Marie Pierre CORDIER, généticienne, nous a exposé l’état des connaissances actuelles en matière de diagnostic prénatal, préimplantatoire, de médecine prédictive, etc… Il s’en est suivi un débat digne et respectueux sur la place de l’Homme dans la société, le sens de la vie entre partisans et opposants de l’avortement, de mère porteuse, de procréation médicalement assistée, d’adoption…

Je crois que ce type de débat est important pour permettre à chaque citoyen d’intervenir sur le site : http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique qui sont ouverts jusqu’au 30 juin 2009.

De même que les Radicaux du début du XXème siècle ont élaboré avec le solidarisme de Léon BOURGEOIS un projet de société conçu à partir des connaissances scientifiques de l’époque (méthode expérimentale de Claude BERNARD et microbiologie de Pasteur), nous devons en ce début de XXIème siècle élaborer un projet de société à partir des réflexions éthiques qui sont portées sur nos connaissances scientifiques.

Le Professeur GRIMFELD, Président du Conseil Consultatif National d’Ethique, souhaite que la bioéthique s’intègre dans une dimension environnementale plus vaste qui prenne en compte toute la planète et la place de l’Homme dans la biodiversité. Blandine KRIEGEL rappelle dans son dernier ouvrage « Querelles françaises » la place des droits de l’Homme, face aux droits des citoyens qui accompagnent un individualisme croissant. Régis DEBRAY définit dans son « moment fraternité » la nouvelle Religion de l’Occident Contemporain (ROC) que sont les droits de l’Homme, omnipotents.

Comme les dons du sang, les produits provenant du corps ne peuvent qu’être donnés, même si après transformation, transport et conservation ils acquièrent un coût. Peut-on envisager que les produits qui viennent de la planète : eau, pétrole, minéraux soient gratuits ? Mais alors qui déciderait de leur juste utilisation ? Actuellement c’est le marché, l’offre et la demande qui enrichissent ceux qui ont la chance d’être nés à l’intérieur de frontières qui entourent les lieux de prélèvements.

 

Mercredi 1er avril : soirée débat à Saint-Jean-d’Ardières avec l’association « Handicap en pays Beaujolais » sur l’accessibilité dans les lieux publics. Les témoignages de personnes handicapées physiques ou sensorielles, d’éducateurs ou parents de personnes handicapées mentales, d’architectes, d’élus a permis de mieux comprendre, de progresser dans cette indispensable démarche d’accessibilité.

J’ai rappelé mon engagement dans le schéma départemental des personnes âgées et handicapées pour proposer un statut d’expérimentateur aux personnes porteuses de handicap qui font progresser les techniques spécifiques à la compensation de leur handicap mais qui deviennent « facilitatrice » de la vie courante de tout le monde. Je crois que l’on doit exploiter ces pistes de recherche avec de grands bénéfices pour anticiper l’ergonomie des objets que nous utilisons quotidiennement. C’est une plus-value importante et qui doit devenir rentable économiquement.

 

Jeudi 2 avril : à 11h30 j’avais rendez-vous avec le père TABONE, curé de Belleville, suite à son expression sur mon blog. Je ne conçois pas que le Maire et le Curé d’une commune dialoguent par message blog interposé. C’est bien la moindre des choses que de se rencontrer et échanger. J’ai eu beaucoup de plaisir à me retrouver dans ce presbytère, où j’allais au catéchisme puis au patronage pour repeindre des pièces ou simplement discuter avec le prêtre de l’époque. C’est entre ces murs également que l’on m’a appris à débattre, discuter avec une grande bienveillance.

Le père TABONE m’a reçu très courtoisement, il est charmant. En revanche sur le fond il est intransigeant sur les paroles du pape qui ne peuvent être discutées puisqu’elles sont LA Vérité. J’avoue que je ne peux partager cette soumission et que je crois nécessaire de faire appel à notre raison pour analyser et discuter tout propos, même papaux. Je suis un héritier du Siècle des Lumières, de la Révolution Française (que le père TABONE regrette). Je revendique la tolérance de VOLTAIRE, l’éducation pour l’égalité des chances de CONDORCET.

Nous avons beaucoup échangé sur les propos de Benoît XVI, leur contexte, les excès de leurs attaques et l’aveuglement de leur défense. J’espère avoir fait comprendre au père TABONE le rôle d’un blog, mon souhait de provoquer le débat, les références de mon premier texte incompris. Depuis j’ai appris qu’il existe un site catho : « Touche pas à mon pape » avec une main blanche et jaune aux couleurs pontificales. Le père TABONE, admirateur de Benoît XVI, ne peut concevoir qu’un chrétien convaincu puisse regretter les propos du pape. Une telle soumission me stupéfie et m’inquiète à la fois. Les propos du philosophe Yves COQ, reproduits dans un commentaire du blog, éclairent davantage l’enjeu du débat.

Je m’interroge sur le but recherché par la curie romaine qui manipule cette communication provocatrice. Le but n’est-il pas de provoquer des réactions qui resserrent les rangs des fidèles les plus intransigeants ? C’est la technique développée fin du XIXème siècle par les théoriciens juifs qui ont provoqué l’antisémitisme pour redonner une conscience juive à ceux qui s’intégraient trop à leur goût. Cette thèse est très bien décrite dans la 1ère partie du livre de Jean Denis BREDIN sur l’Affaire Dreyfus écrit en 1983. cela a produit l’Affaire Dreyfus puis le Nazisme et la collaboration. Il faut donc être très prudent avec les apprentis sorciers de la communication pontificale. Jean Paul II, bien que conservateur sur le fond était beaucoup plus ouvert sur la forme ainsi que Monseigneur BARBARIN. Le père TABONE, élève de RATZINGER, préfère nettement l’intransigeance de Benoît XVI. Dont acte. Pour ma part je ne suis pas aveuglé par la parole du chef de l’Eglise catholique, je ne le crois pas infaillible et je continuerai à alerter l’opinion chaque fois que ma conscience me le commandera, en provoquant toujours et encore la réflexion et le partage d’arguments.

 

Samedi 4 avril : forum cantonal à Lancié avec ma suppléante Evelyne GEOFFRAY, accueilli par Jacky MENICHON, maire de Lancié. J’ai rappelé les différentes missions d’un conseiller général :

– siéger dans l’assemblée départementale,

– défendre son canton au sein du Département,

– représenter la population qui l’a élu.

Depuis ma 1ère élection je n’ai jamais manqué d’organiser ce forum, espace d’échanges avec celles et ceux que je représente. Avec les rencontres régulières des élus du canton, les rendez-vous personnels à LYON ou BELLEVILLE, mes échanges sur mon blog, le débat public est un moyen complémentaire de rendre des comptes. Beaucoup de questions ont porté sur la future organisation territoriale proposée par le rapport BALLADUR, les missions sénatoriales et de l’Assemblée Nationale , les conséquences de la crise sur l’avenir du canton et le plan de relance départemental.

 

IL n’y a pas de sujet tabou, la parole est libre, c’est la conception de mon engagement républicain.

Article Conseil municipal du 30 mars 2009

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Retour sur les propos du Pape

Le but d’un blog « politique », c’est de susciter le débat : « Peu importe que l’on partage mes réponses si l’on n’ignore pas mes questions » (Malraux). Avec cet article, on peut dire que c’est réussi. Je dois des explications sur la forme, sur le fond et des réponses aux commentaires.

La forme tout d’abord : j’ai provoqué des réactions avec une accroche journalistique, comme dans l’article sur la ROLEX, parce que ce blog s’endormait un peu, ronronnait. « Jésus réveille-toi, le pape est devenu fou » tout le monde aura reconnu la référence au printemps de PRAGUE : « Lénine réveille-toi, ils sont devenus fous ». Ceux qui affichaient ce slogan étaient des communistes convaincus, utopiques qui ne comprenaient pas la brutalité des soviétiques, l’abandon de leurs idéaux. Les propos du Pape ont choqué même des chrétiens convaincus. Alors, certes, ils sont extraits d’une déclaration plus longue que le père Tabone a bien voulu rapporter in extenso dans ce blog. Le Pape n’a pas été élu contre son gré. Il sait que sa parole porte. En faisant une conférence de presse en se rendant en Afrique, Benoît XVI, en homme averti s’exposait. Il savait que chacun des mots qu’ils prononçaient seraient repris. Je suis souvent confronté aux raccourcis de la presse qui sort des phrases de leur contexte et en détourne le sens. Si l’on ne veut pas prendre ce risque, on ne s’adresse pas à la presse, on ne prêche que dans son église. Et je ne me permettrai jamais de critiquer ce que le Pape dit à ses fidèles dans son église. En revanche lorsqu’il s’exprime dans la sphère publique, il s’expose à la discussion, aux critiques, à la dérision et même aux caricatures. Il en va de nos libertés fondamentales, de notre culture depuis le siècle des lumières « Sans la liberté de blamer, il n’est point d’éloge flatteur » (Beaumarchais).

Sur le fond maintenant : « La distribution de préservatifs risque d’augmenter le problème du SIDA ». Ce n’est pas le maire de Belleville qui s’émeut dans mon blog, c’est le médecin, le vice-président du conseil général chargé de la santé et de la prévention, le citoyen éclairé, le père de famille. J’assume dans l’expression de mon blog toute la cohérence de mes engagements. Je suis suffisament averti de cette maladie, des moyens de préventions, des campagnes d’information pour mesurer les dégâts que peut commettre la parole publique d’une autorité spirituelle comme le pape. C’est parce que je crois que cette phrase, distillée au milieu d’un discours remarquablement bien construit sur le sujet du SIDA, n’est pas anodine, que je m’interroge pour savoir si elle est innocente. Je reconnais au pape le droit de rejeter le préservatif, d’être contre l’avortement et prôner la fidélité et l’abstinence. Mais il n’est pas autorisé à se prononcer publiquement sur un sujet de santé publique comme la diffusion du SIDA en Afrique en sapant des campagnes mondiales qui visent à épargner des êtres fragiles parce qu’ignorants et de cultures différentes de la sienne. C’est Jésus qui a dit : « rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Jean Claude BARRAUD dans ses « vérités chrétiennes » en fait le 1er anticlérical militant, je partage cet anticléricalisme, qui n’est pas anti religieux. Je me battrai pour votre liberté religieuse, votre liberté de culte même si je ne partage pas votre foi. C’est ça la tolérance et le respect de la laïcité. Mais je réagirai chaque fois qu’un chef religieux sort de sa réserve pour donner des conseils de santé publique. Les propos du pape sont dangereux et même criminels car aujourd’hui dans l’état actuel des connaissances, la distribution de préservatifs n’augmente pas le problème du SIDA mais est le moyen le plus efficace de lutter contre sa propagation. Je le sais, j’ai le devoir de le dire, c’est mon rôle de médecin, d’homme public et de père, de le répéter. Si j’ai fait une allusion aux sites pornos sur internet, dont nous devons protéger nos enfants, c’est parce que je ne souhaite pas que mes enfants , mes patients soient atteints par les propos irresponsables du pape sur l’utilisation des préservatifs. J’encourage chaque jour mes patients et les jeunes à utiliser des préservatifs pour des rapports non assurés. Il ne m’appartient pas de les juger, je me dois de respecter leurs sentiments, leurs pratiques et de les informer des connaissances scientifiques reconnues à ce jour.

Je n’étais pas intervenu sur la réintégration de Monseigneur Williamson après ses propos négationnistes. Que le pape décide ou non qu’un négationniste joue un rôle dans son église, c’est le problème de son église. Même si à titre personnel, j’ai été aussi choqué qu’un grand nombre de chrétiens. Je ne me suis pas prononcé non plus, bien que l’on me l’ait demandé, après l’excommunication de cette enfant martyre violée par son beau père. Sa mère qui l’a accompagnée et le médecin qui a réalisé l’interruption thérapeutique de grossesse ont également été excommuniés. C’est encore le problème de l’église de savoir qui elle rejette. Je me suis réjoui que les des Droits de l’Homme ait permis à la société brésilienne de prendre en charge et d’accompagner cette enfant et sa mère. Cela rassure sur le degré d’humanité qu’atteignent grand nombre d’états sur la planète. Le fait que le pape n’ait pas été suffisament clair et ferme pour dénoncer les propos de Williamson et pour compatir et accompagner cette famille brésilienne éprouvée lui a fait perdre de son autorité morale internationale. Il a réduit son rôle à celui d’un chef de clan intégriste et rétrogade, déconnecté de la réalité et de l’actualité.

Je suis surpris du procès d’intention que l’on me fait. J’assure que je tiendrais les mêmes propos sur les chefs religieux musulmans et juifs qui se risqueraient à de telles provocations. D’ailleurs je les trouve en l’occurrence, très discrets, très complaisants voir même complices. Comme quoi les intégrismes se reconnaissent. Enfin je m’étonne que l’on me suspecte de craindre une accusation d’incitation à la haine raciale si je dénonçais une ingérence publique d’autres chefs religieux. A quelle race fait-on allusion ? La race musulmane ? Je ne confond pas les religions, que je respecte, avec les races qui pour moi n’existent pas. Mes études m’ont appris qu’elles n’existaient que dans l’imaginaire des racistes. Et là encore, comme Voltaire, je serai impertinent et résolument engagé pour combattre ce fléau de l’humanité. Car savez-vous qu’il y a des gens suffisament tordus pour se réjouir de voir une « prétendue race noire » exterminée par le fléau du SIDA ? Ma fraternité va au-delà de ceux qui ne seront épargnés que par l’abstinence. Elle s’adresse à ceux d’autres cultures, d’autres comportements que je ne m’abstiendrai pas d’aider et de soutenir. La Fraternité ce n’est pas « préférer son frère à son cousin, son cousin à son voisin et son voisin aux étrangers » (Le Pen) c’est considérer chacun comme son frère dans le respect de sa différence. Mes propos sont certainement inspirés de mon éducation chrétienne et du message de celui qui a fini sur une croix pour s’être dressé contre l’obscurantisme des gens d’Eglise de son époque.

P.S : Je prendrai contact avec le père Tabone pour échanger en ma qualité de Maire, car ce blog ne doit pas devenir un dialogue. Je répète que son but est de provoquer la réflexion et le dialogue mais surtout pas de provoquer telle ou telle personne.

Jésus réveille toi, le pape est devenu fou !

En déclarant que l’utilisation du préservatif aggrave le problème du SIDA, Benoît XVI aggrave plutôt son cas.

Après sa réconciliation avec le négationniste Williamson, son approbation de l’excommunication d’une enfant violée par son beau-père ainsi que sa mère et du médecin qui a réalisé l’avortement thérapeutique, le pape s’enfonce un peu plus dans l’obscurantisme.

Il est criminel de détourner la population africaine et mondiale de la seule précaution efficace à ce jour contre le SIDA.

Ses propos sont trop dangereux pour n’être pas dénoncés. Comme les sites pornos que l’on interdit sur le net, faudra-t-il en faire autant avec sa messe et son catéchisme ?

Puisque le pape prône l’abstinence, qu’il commence par s’abstenir lui-même de tenir des propos aussi affligeants. Ce pourrait être une « abstinence positive » à proposer au chanoine de Latran !

La réforme des territoires – Votre avis ?

Le rapport BALLADUR n’est pas le « big bang » territorial que certains annoncent. Souhaiter que, sur la base du volontariat, les régions passent de 22 à 15, est-ce révolutionnaire ? Les communes sont préservées, les départements aussi, l’intercommunalité se renforce, il n’y a que la création de 7 à 12 grandes agglomérations qui est innovante. Verra-t-on la transformation des Conseillers généraux et régionaux en Conseillers territoriaux ?

Le Département du Rhône sera directement concerné car l’agglomération de LYON est bien évidemment destinée à devenir cette nouvelle collectivité qui rassemblera les compétences communales, intercommunales et départementales comme PARIS actuellement.

Alors, quid du reste du Département du Rhône et de ses 350 000 habitants environ ?

  •  Former un nouveau département de Condrieu à Monsols avec Villefranche comme Préfecture ?
  •  Faire une partition de notre territoire entre l’Isère pour le Sud-Est, la Loire pour l’Est, la Saône- et- Loire pour le Nord et l’Ain pour l’Est ?

Nous aurons à nous prononcer pour une solution, je souhaite que le débat soit largement engagé et que tous y participent. Nous attendons bien sûr l’expression de la volonté de Villefranche de se positionner en leader de notre territoire.

 

J’attends votre avis sur ce blog et je compte bien aborder ce sujet dès mon prochain forum cantonal le samedi 4 avril à Lancié.

J’ai plus de 50 ans et toujours pas de Rolex !

Sans Rolex à 50 ans, on aurait raté sa vie selon Jacques SEGUELA. Sentence ou boutade de l’ex conseiller de François MITTERRAND, celui de la « force tranquille » désormais conseilleur, en cour, du nouveau Président ?

Quoi qu’il en soit, cette réflexion est symptomatique de l’état de crise de notre société. Reflète-t-elle le « bling bling » de Nicolas SARKOZY ou de Julien DRAY ? Le journal MARIANNE en rajoute même avec son enquête sur « le blues du quinqua… ! » Le quinqua 2009, ce post soixante – huitard qui se croyait libéré. Libéré des pesanteurs des états par sa militance dans les « Organisations Non Gouvernementales » soutenant Médecins sans Frontières pour alléger le fardeau de Bernard KOUCHNER, le tiers mondiste, avant qu’il ne devienne mondain et gouvernemental. Avant qu’il ne monnaie si chèrement ses incontestables talents à des pays dont la population est si pauvre. Avant qu’il ne devienne l’obligé de dirigeants corrompus. Il nous a enseigné le devoir d’ingérence et a suffisamment œuvré pour en devenir le symbole. Il doit désormais accepter notre droit d’ingérence dans la morale de ses affaires.

Je fais partie de cette génération, qui s’est plongée à corps perdu dans l’hyperactivité professionnelle sitôt les études terminées pour devenir un citoyen, contribuable, consommateur, modèle du système économique qui nous demandait toujours plus. Toujours plus pour qui ? Pour un petit nombre, cette nouvelle aristocratie qui se partage le pouvoir, la haute administration, les entreprises publiques et les grands groupes financiers privés. Pendant que ceux qui travaillent dans des conditions toujours plus stressantes, sombrent progressivement dans toujours plus de précarité.

J’ai éprouvé le besoin d’en sortir, de faire changer les choses. J’ai eu la chance de faire partager mes convictions au plus grand nombre qui m’a élu. J’ai assumé le mépris avec lequel on me traitait de ringard lorsque je mettais en avant les valeurs républicaines de LIBERTE, d’EGALITE des chances, de FRATERNITE, c’est à dire de solidarité garantie par la laïcité des institutions. Je n’ai pas fait appel à Monsieur SEGUELA pour mener mes campagnes et avec du recul, je ne regrette aucune des références affichées : il y a 15 ans déjà je rappelais qu’ « on n’hérite pas de la terre de ses parents, on emprunte celle de ces enfants », j’ai ensuite avancé que « demain ne doit pas être ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire » et je reste fidèle « au devoir de dire et au courage de faire ».

Des murs sont tombés : celui de Berlin, il y a 20 ans et tout récemment celui de Wall Street, de l’autre côté. Alors si nous ne voulons pas aller dans un autre mur, ne nous laissons pas aveugler par ce qui brille. Les bracelets des Rolex ne sont que des menottes de luxe qui rattachent au Monde passé. Je sais aujourd’hui que je ne veux pas de ce signe distinctif d’un milieu que j’exècre. Comme le loup de LA FONTAINE voyant le cou du chien pelé, je préfère garder ma LIBERTE et remettre les pendules à l’heure pour tous les déboussolés éblouis par un soleil qui ne brille que pour eux.

Le premier engagement environnemental universel est bien que le soleil doit briller pour tout le monde.