Gérard CANARD nous a quittés

Il restera toujours « Monsieur BEAUJOLAIS », celui qui a hissé au sommet la notoriété de ce breuvage. Ses compagnons du beaujolais ont dit « chapeau l’artiste », saluant son talent. Il faut aussi saluer les longs et pénibles travaux que ce travailleur infatigable, voyageur aussi infatigable, a dû accomplir.

Infatigable mais hélas pas inépuisable. Son oeuvre peut être comparée à celle d’un tailleur de pierre, la pierre bleue de Brouilly, l’une des plus dure au monde comme il se plaisait à le rappeler. Chaque poignée de main, chaque verre levé furent autant de coups de maillet sur le ciseau qui taille cette pierre et fait jaillir une étincelle pour illuminer l’univers.

Gérard CANARD était un humaniste. Pas un humaniste de salon, un humaniste opératif C’est en misant tout sur les relations humaines, la sincère amitié, la fraternité qu’il a mené sa tâche. Il nous quitte en ce printemps 2009 alors que la crise marque la faillite des experts en tout genre : marketing, étude de marché, analyse financière. Gérard c’était tout le contraire. Le primat de l’humain sur l’économique et il a réussi merveilleusement la promotion du Beaujolais grâce à ces valeurs humaines de confiance, de respect et de fidélité.

C’était aussi un homme de devoir. Il s’est imposé un devoir de réserve lorsque ses successeurs ont remis en question la méthode CANARD, démolissant tout l’édifice de sympathie qu’il avait patiemment construit autour du Beaujolais. Cette réserve officielle ne l’empêchait pas de porter en privé des jugements francs et directs sur les incompétents prétentieux qui se sont installés à sa place.

Gérard était aussi un homme de conviction. Militant Républicain Radical il ne s’est jamais retranché derrière sa fonction, sa notoriété pour ne pas prendre parti. Il a su s’engager de façon juste et digne en gardant le respect de tous.

Je sais tout ce que je lui dois et le poids de son soutien.

Je me souviens aussi des grandes causes auxquelles il a associé le Beaujolais. Lorsque l’Afrique du Sud s’est engagée à sortir de l’Apartheid, son équipe de rugby a été autorisée à rencontrer à nouveau les équipes européennes. Le premier match a eu lieu en France, à Lyon et la réception dans le Beaujolais grâce à la complicité de Gérard et de Bobosse. La convivialité n’enlevait jamais rien à la grandeur.

Et puis, je ne peux m’empêcher d’évoquer ces bons mots, son humour dont il agrémentait ses discours, ses interventions. Chaque fois il feignait de les laisser échapper presque à son insu, s’excusant, avant même d’en avoir terminé.

 

Alors pour rester fidèle à sa mémoire, je me risquerai à dire que c’est bien la 1ère fois que Gérard, si courtois, si attaché aux conventions et aux rituels, manque de savoir-vivre et nous laisse seuls, dans l’embarras, sans lui.

Publié le mai 15, 2009, dans Non classé, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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