Lettre aux adhérents du Parti Radical
Chers amis,
Nous sommes encore sous le choc de l’annonce de Jean Louis BORLOO de ne pas présenter sa candidature à la Présidence de la République.
Notre déception est immense car nous mettions beaucoup d’espoir à le voir apporter des solutions nouvelles, plus justes et plus humaines aux défis que doit relever notre société. Beaucoup de nos concitoyens nous expriment aussi leur désarroi et les attentes qu’ils mettaient dans Jean Louis BORLOO. Il est bien dommage qu’ils expriment si tard leur soutien.
La décision de Jean Louis BORLOO est personnelle et nous la respectons. Depuis qu’il avait initié sa démarche de rassemblement des forces du Centre, il y a 1 an à Lyon, rien ne lui a été épargné : défection des uns, trahison des autres, manœuvre de l’Élysée et attaques personnelles indignes.
Nous savions tous qu’il n’était pas guidé par une ambition personnelle et un délire mégalomaniaque d’être candidat à tout prix. Il était prêt à incarner le Centre, mais un Centre rassemblé.
Nous avons tous notre part de responsabilité à n’avoir pas su rassembler plus largement autour de lui. Nous nous sommes heurtés aux petites chapelles qui font (parfois consciemment) le jeu des 2 blocs de droite et de gauche qui peuvent alors puiser dans leurs extrêmes les forces qui leur permettront de se partager le 2ème tour.
Nous regrettons aussi l’éloignement dans lequel l’a entrainé une partie de son entourage, plus attaché à se servir de lui qu’à le servir et qui ne lui a pas permis de mesurer l’enthousiasme qu’il pouvait susciter dans la population.
Il a redonné ses lettres de noblesse au Parti Radical qui n’est plus ignoré ni méprisé. Mais le Parti Radical doit guérir de cette malédiction qui l’amène à sacrifier des talents exceptionnels, aujourd’hui Jean Louis BORLOO comme hier Pierre MENDES FRANCE ou Jean-Jacques SERVAN SCHREIBER.
Nous saluons le courage des Laurent HENART, Rama YADE et bien d’autres qui, avec nous, le soutiennent loyalement.
Nous croyons toujours que des solutions moins brutales, plus justes, plus réalistes existent et nous attendons encore de Jean Louis BORLOO qu’il entraine toutes celles et tous ceux qui veulent vraiment servir notre pays et nos concitoyens.
Nous nous retrouverons le mardi 11 octobre à 19h au siège de la Fédération pour échanger sur cette situation nouvelle et ses conséquences.
Jumelage à Salzkotten
Le mois de juin 2011 a débuté par le voyage à SALZKOTTEN pour fêter le 20ème anniversaire du Jumelage. L’accueil qui nous est réservé est toujours remarquable, l’ambiance conviviale et le programme de visites très intéressant.
Cette année était particulière car Marc JULIEN qui a toujours été une cheville ouvrière de ce jumelage, n’était pas là pour fêter cet anniversaire. Avec Michael DREIER, le Maire de Salzkotten, nous avions décidé de courir le marathon de Salzkotten en mémoire de Marc. Nous l’avons fait, soutenu mentalement par les encouragements que Marc n’aurait pas manqué de nous promulguer. C’est long 42 kilomètres, on a le temps de penser, de se remémorer les bons moments qui nous permettent de surmonter la douleur et la fatigue. Comme dans bien des aventures dans lesquelles je me suis lancé, soutenu par Marc, c’est encore lui, par la place qu’il tient toujours dans nos mémoires, qui m’a permis de terminer cette épreuve.
En attendant de recevoir nos amis Allemands pour célébrer à notre tour le 20ème anniversaire du jumelage à BELLEVILLE en 2012, c’est aussi notre façon de faire vivre l’EUROPE et l’amitié entre ses peuples.
Pas d’alliance avec le FN, Pas une voix pour le FN
Les Radicaux rappellent que leur ligne de conduite reste claire et précise à quelques jours du second tour des cantonales.
Les Radicaux appellent en effet, partout où le cas se présente, à faire barrage au Front National.
Bien entendu, les Radicaux ne partagent pas les propositions politiques des partis de gauche.
Cependant, lorsqu’un duel oppose un candidat de gauche à un candidat du front national, ce sont les valeurs humanistes et républicaines qui sont mises en cause.
Dès lors, sans hésitation, les Radicaux appellent à voter, partout, contre le candidat FN. Le Parti Radical ne banalise pas l’extrême droite.
Débattre sur l’Islam ou la laïcité ? CHICHE !
Nous ne sommes pas dupes des intentions de ceux qui nous proposent de débattre sur la place de l’Islam en France ou sur la Laïcité pour rentrer dans le politiquement correct.
Faut-il pour autant rejeter le débat sous prétexte qu’il serait pipé d’avance ? NON, il faut relever le défi. N’apportons pas d’arguments à ceux qui n’attendent que ça : rester seuls en piste pour débattre et caricaturer tous ceux qui fuient la confrontation.
Au contraire, réjouissons-nous de pouvoir parler haut et fort de la laïcité. C’est grâce à elle que nous pouvons conserver une place digne à toutes celles et tous ceux qui prient différemment de la majorité des « biens pensants » sous réserve qu’ils respectent les règles de notre République laïque.
Il faut oser parler du financement des mosquées alors que l’on entretient les églises avec l’argent public parce que ce sont des monuments historiques ou des biens communaux. Il faut oser parler des menus dans les cantines publiques parce que si l’on doit respecter les pratiques de chacun, les collectivités ne peuvent se soumettre à toutes les exigences individuelles.
Jean Louis BORLOO l’a très bien dit : « attention à ne pas braquer un revolver sur l’Islam » comme la loi de 1905 ne devait pas être « un revolver pointé contre l’Église » selon les propos d’Aristide BRIAND.
Nous devons veiller à la cohésion de la communauté nationale qui rassemble tous les Français quelque soient leurs origines, leurs cultures, leurs religions et l’ancienneté de leur acquisition de la nationalité.
Les radicaux ont permis à la majorité de ne pas se déshonorer sur ce thème la semaine dernière. Encore bravo BORLOO.
Hommage à Marc JULIEN
Nous étions nombreux, très nombreux, mercredi dernier pour partager la peine de Fabienne, l’épouse de Marc et de ses fils Vincent, Simon et Arnaud et pourtant notre peine était si grande qu’elle pesait encore trop lourdement.
« Le temps est loin de nos vingt ans… » chantait Marc et c’est si vrai que l’on ne se souvient plus du jeune homme qu’il fut, du sportif, de l’athlète même. Un de nos copains de classe me rappelait qu’il était imbattable au grimper de corde. On ne le sait pas parce qu’il n’y a pas de médaille du grimper de corde, ni photo, ni article dans le journal. C’est un effort solitaire à l’entrainement pour être en forme au service de son équipe. Marc a été au service du club de Hand comme joueur puis entraineur puis dirigeant puis journaliste puis élu. Il était modeste, discret, efficace et toujours en retrait.
Il a été le sauveur de nombreuses associations, dès qu’une difficulté apparaissait il s’investissait. Il n’était pas de ceux qui ne font que DIRE, lui il était dans le FAIRE. Et une fois la tâche accomplie il s’effaçait. C’est à lui que l’on doit le nom du gymnase intercommunal « Philippe GARDENT » et il était heureux de la présence de Philippe et de Jackson RICHARDSON pour un match de gala. Il connaissait tous les sportifs de Belleville quelque soit leur âge ou leur discipline. Il était rayonnant lors des trophées sportifs qu’il remettait chaque année. Il pouvait réciter le parcours de chaque équipe, de chaque joueur. Il avait une mémoire encyclopédique.
« La plus grande pauvreté serait de n’être utile à personne » Marc était riche, le plus riche d’entre nous. Cette richesse de cœur lui a fait sacrifier bien des ressources et revenus professionnels, personnels que son talent, ses compétences et sa capacité de travail auraient pu lui fournir.
Son engagement pour les autres l’a conduit naturellement vers la vie publique. C’est lui qui aurait dû être Maire de BELLEVILLE. Dès ma 1ère campagne il s’est occupé de tout : les photos bien sur mais aussi les finances, l’administration, les rencontres. J’ai découvert à cette occasion qu’il connaissait énormément de monde et qu’il était apprécié de tous. Je sais tout ce que je lui dois, sans lui je n’en serai pas là aujourd’hui.
DIOGENE se promenait dans les rues avec une lampe allumée en cherchant un Homme, de la même façon je vous mets au défi d’en trouver qui n’aimait pas Marc. Je n’ai pas le souvenir d’un seul désaccord entre nous. Nous étions d’accord sur tout, notre seul différent était sur la conception du temps. Je manque toujours de temps et lui, il en avait toujours. Ou plutôt il en prenait toujours du temps, ou il prenait toujours sur son temps pour les autres en sacrifiant trop souvent son travail et sa famille qu’il aimait tant.
Il n’avait pas de dilemme entre son éthique de responsabilité qu’il privilégiait et son éthique de conviction. Parce que sa conviction était d’être au service des autres. C’était un Humaniste, opératif, pas un donneur de leçon. Il n’est pas facile dans notre société, dans notre culture de dire d’un homme qu’on l’aime. Mais Marc, je l’aimais comme tous ceux, nombreux, qui le connaissaient.
Il avait l’esprit conscrit, c’était un Trip’ailleurs (d’ailleurs c’est lui qui avait trouvé le nom) il s’était occupé du club de Hand, trésorier, Vice-président, il a toujours refusé d’être Président. Il a été au Conseil d’Administration du Comité Départemental et a reçu la Médaille d’Or de Jeunesse et Sport. Il s’occupait du club de gym, de l’AGIVR, du Comité de Jumelage avec SALZKOTTEN. Je me souviens la joie de Marc lorsque nous avons chanté « avoir un bon copain » nous en français et Michael DREIER, le Maire de Salzkotten, en allemand. Michael DREIER est venu avec d’autres amis de salzkotten aux funérailles de Marc, nous rappelant que c’était toujours Marc qui descendait le 1er du car en arrivant à Salzkotten.
Il ne chantera plus « Jolie Bouteille » en imitant l’accent de Graeme ALWRIGHT, nous la chanterons sans lui en l’attendant, comme on l’a attendu souvent, mais cette fois nous l’attendrons trop longtemps.
Il s’était beaucoup impliqué dans les étapes du PARIS-NICE à Belleville et mardi dernier un bel hommage lui a été rendu à PARIS par Christian PRUDHOMME. Marc m’avait dit qu’il avait pleuré en apprenant la mort de Laurent FIGNON qui fut notre 1er interlocuteur. Aujourd’hui c’est nous qui pleurons Marc.
Vincent, Simon et Arnaud peuvent être fier de leur père. En 55 ans, il a fait beaucoup plus pour Belleville et pour ses habitants que bien d’autres en une vie plus longue ou avec plus de responsabilités. Ce n’était pas une raison pour qu’il nous soit arraché si tôt.
Notre peine aujourd’hui est immense parce qu’elle est à la hauteur des bons moments que nous avons partagés avec lui.
« Des gens très bien »
Alexandre JARDIN a écrit un livre sur son grand père Jean JARDIN qui était directeur de cabinet de LAVAL au moment de la rafle du Vel d’Hiv. Comment quelqu’un « de bien » peut se retrouver dans une telle situation de collaboration ? C’est par manque de Fraternité.
Ces responsables avaient de la sympathie pour les juifs qu’ils connaissaient mais la déportation de gens qu’ils ne connaissaient pas, de religions différentes, étrangers pour certains avec un nom « pas très catholique » ne les émouvaient pas.
La Fraternité, ce n’est pas privilégier son frère, le préférer à son cousin et son cousin à son voisin et son voisin à un étranger. La Fraternité c’est considérer chacun comme son frère, quelque soit son nom, son origine, sa couleur de peau, sa croyance, ses différences.
Une famille s’enrichit de la diversité de ses membres. La société s’enrichit aussi des différences et c’est pourquoi ce beau mot de Fraternité doit représenter une valeur vivante et ne doit pas rester lettres mortes sur le fronton de nos monuments nationaux.





