Hommage à Marc JULIEN

Nous étions nombreux, très nombreux, mercredi dernier pour partager la peine de Fabienne, l’épouse de Marc et de ses fils Vincent, Simon et Arnaud et pourtant notre peine était si grande qu’elle pesait encore trop lourdement.

« Le temps est loin de nos vingt ans… » chantait Marc et c’est si vrai que l’on ne se souvient plus du jeune homme qu’il fut, du sportif, de l’athlète même. Un de nos copains de classe me rappelait qu’il était imbattable au grimper de corde. On ne le sait pas parce qu’il n’y a pas de médaille du grimper de corde, ni photo, ni article dans le journal. C’est un effort solitaire à l’entrainement pour être en forme au service de son équipe. Marc a été au service du club de Hand comme joueur puis entraineur puis dirigeant puis journaliste puis élu. Il était modeste, discret, efficace et toujours en retrait.

Il a été le sauveur de nombreuses associations, dès qu’une difficulté apparaissait il s’investissait. Il n’était pas de ceux qui ne font que DIRE, lui il était dans le FAIRE. Et une fois la tâche accomplie il s’effaçait. C’est à lui que l’on doit le nom du gymnase intercommunal « Philippe GARDENT » et il était heureux de la présence de Philippe et de Jackson RICHARDSON pour un match de gala. Il connaissait tous les sportifs de Belleville quelque soit leur âge ou leur discipline. Il était rayonnant lors des trophées sportifs qu’il remettait chaque année. Il pouvait réciter le parcours de chaque équipe, de chaque joueur. Il avait une mémoire encyclopédique.

« La plus grande pauvreté serait de n’être utile à personne » Marc était riche, le plus riche d’entre nous. Cette richesse de cœur lui a fait sacrifier bien des ressources et revenus professionnels, personnels que son talent, ses compétences et sa capacité de travail auraient pu lui fournir.

Son engagement pour les autres l’a conduit naturellement vers la vie publique. C’est lui qui aurait dû être Maire de BELLEVILLE. Dès ma 1ère campagne il s’est occupé de tout : les photos bien sur mais aussi les finances, l’administration, les rencontres. J’ai découvert à cette occasion qu’il connaissait énormément de monde et qu’il était apprécié de tous. Je sais tout ce que je lui dois, sans lui je n’en serai pas là aujourd’hui.

DIOGENE se promenait dans les rues avec une lampe allumée en cherchant un Homme, de la même façon je vous mets au défi d’en trouver qui n’aimait pas Marc. Je n’ai pas le souvenir d’un seul désaccord entre nous. Nous étions d’accord sur tout, notre seul différent était sur la conception du temps. Je manque toujours de temps et lui, il en avait toujours. Ou plutôt il en prenait toujours du temps, ou il prenait toujours sur son temps pour les autres en sacrifiant trop souvent son travail et sa famille qu’il aimait tant.

Il n’avait pas de dilemme entre son éthique de responsabilité qu’il privilégiait et son éthique de conviction. Parce que sa conviction était d’être au service des autres. C’était un Humaniste, opératif, pas un donneur de leçon. Il n’est pas facile dans notre société, dans notre culture de dire d’un homme qu’on l’aime. Mais Marc, je l’aimais comme tous ceux, nombreux, qui le connaissaient.

Il avait l’esprit conscrit, c’était un Trip’ailleurs (d’ailleurs c’est lui qui avait trouvé le nom) il s’était occupé du club de Hand, trésorier, Vice-président, il a toujours refusé d’être Président. Il a été au Conseil d’Administration du Comité Départemental et a reçu la Médaille d’Or de Jeunesse et Sport. Il s’occupait du club de gym, de l’AGIVR, du Comité de Jumelage avec SALZKOTTEN. Je me souviens la joie de Marc lorsque nous avons chanté « avoir un bon copain » nous en français et Michael DREIER, le Maire de Salzkotten, en allemand. Michael DREIER est venu avec d’autres amis de salzkotten aux funérailles de Marc, nous rappelant que c’était toujours Marc qui descendait le 1er du car en arrivant à Salzkotten.

Il ne chantera plus « Jolie Bouteille » en imitant l’accent de Graeme ALWRIGHT, nous la chanterons sans lui en l’attendant, comme on l’a attendu souvent, mais cette fois nous l’attendrons trop longtemps.

Il s’était beaucoup impliqué dans les étapes du PARIS-NICE à Belleville et mardi dernier un bel hommage lui a été rendu à PARIS par Christian PRUDHOMME. Marc m’avait dit qu’il avait pleuré en apprenant la mort de Laurent FIGNON qui fut notre 1er interlocuteur. Aujourd’hui c’est nous qui pleurons Marc.

Vincent, Simon et Arnaud peuvent être fier de leur père. En 55 ans, il a fait beaucoup plus pour Belleville et pour ses habitants que bien d’autres en une vie plus longue ou avec plus de responsabilités. Ce n’était pas une raison pour qu’il nous soit arraché si tôt.

Notre peine aujourd’hui est immense parce qu’elle est à la hauteur des bons moments que nous avons partagés avec lui.

Publié le février 8, 2011, dans Ce que j'ai à vous dire, Vie Municipale, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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