Rencontre avec Eric BESSON sur le débat de l’identité nationale

Comme tout républicain radical, je me suis immédiatement réjoui de la tenue d’un débat sur l’identité nationale. La question de l’opportunité de ce débat ne m’a pas effleuré car ce sujet est, à mes yeux, pertinent d’une manière générale et en tout temps.

Face à l’immense matraquage médiatique qui a cours actuellement, je dois avouer m’être un instant interrogé sur les éventuelles arrière-pensées de ce débat. Mais je suis de ceux qui ont voulu relever le défi et saisir la chance d’exprimer les valeurs auxquelles ils croient et pour lesquelles ils s’engagent. Et la volonté affichée par certains de refuser tout débat n’a fait qu’accroître mon devoir d’y participer.

Les médias ne sont pas tendres avec vous, Monsieur le Ministre, vous le savez mieux que moi. « Qui connaît Monsieur BESSON ? » … Certainement pas moi avant de vous avoir rencontré lors de ce débat. Je me dois de reconnaître que votre écoute, votre analyse et vos réponses vendredi dernier m’ont convaincu de la hauteur et de la profondeur avec lesquelles vous menez ce débat sur l’identité nationale.

J’ai eu l’occasion de vous dire qu’en France, on ne peut parler d’identité nationale sans parler d’ identité républicaine, tant la république et la nation forment un tout cohérent depuis les Lumières. L’identité républicaine est ce supplément d’âme qui permet d’élever l’identité nationale au dessus des seules considérations géographiques ou culturelles.

La philosophie de la république a été évoquée par le Père DEVERT, qui a cité Régis DEBRAY. J’ai prolongé cette référence par l’évocation des DEVOIRS que la république ajoute aux DROITS que la démocratie nous donne. J’ai rappelé le SOLIDARISME de Léon BOURGEOIS, avec le « quasi contrat » qui nous rend redevables envers la société qui garantit notre santé, notre éducation, notre protection sociale, notre sécurité et notre culture. Nos aînés payaient leur « dette » à la république par un service militaire, puis un service national, puis un service civique. Afin de concrétiser une part de ce que nous devons à la France et pour retrouver cet esprit d’engagement pour la république, il convient désormais d’instaurer un service citoyen, effectué par tous.

Les modalités de cet engagement citoyen peuvent être débattues : période unique ou plusieurs périodes, durée, lieu, au sein d’associations « reconnues » ou d’institutions officielles, sur la base du choix, du volontariat ou de la réquisition. Sur le principe, il faut seulement que ce service citoyen soit équitable, obligatoire, sans dérogation ni possibilité de rachat ou de substitution pécuniaire. Il doit viser à un échange ou un accompagnement de ceux qui ont suivi une formation courte par ceux qui ont bénéficié d’un enseignement théorique plus long. Cela peut revêtir un engagement dans la sécurité civile ou militaire ou un engagement humanitaire.

Actuellement, une partie de la jeunesse, qui réussit des études longues et coûteuses, trouve immédiatement des emplois dans des secteurs porteurs justement rémunérés. Et puis, à côté, il y a une jeunesse qui n’a pas réussi dans le cursus classique et qui doit payer encore par des contrats aidés à temps partiel, peu rémunérés, sa participation à une fonction publique très utile, voire indispensable à la société qui présente souvent cette contribution comme une charge de bienveillance.

Depuis la fin du service national obligatoire (dont seuls les plus défavorisés n’étaient pas exemptés), ce sont toujours les plus modestes qui ont répondu aux besoins de la société par les dispositifs successifs : CES, Emplois Jeunes, Contrats Aidés, etc… Quels qu’aient été leurs noms et leurs formes, ils ont toujours été peu valorisants.

Aussi rien n’est plus urgent, aujourd’hui, que la prise de conscience de ce que l’on doit à la société et le partage équitable de cette dette par une jeunesse qui doit se retrouver pour faire ce bout de chemin ensemble. Telle est la noble ambition du service citoyen que nous appelons de nos vœux au nom d’une identité républicaine dans la cohésion nationale.

Publié le février 11, 2010, dans Ce que j'ai à vous dire, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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