Retour de la Convention Nationale sur la bioéthique

De retour de la Convention Nationale sur la Bioéthique présidée par Jean LEONETTI (auteur de la loi sur la fin de vie) avec René FRYDMAN (le père scientifique du 1er bébé éprouvette en France), Alain GRIMFELD (Président du Comité consultatif national d’éthique) et Emmanuel HIRSCH (Directeur de l’espace éthique des hôpitaux de Paris) je m’interroge sur la perception qu’ont les administrés de Belleville, de la Communauté de Communes Beaujolais Val de Saône, du Canton et même du Département, de mon engagement d’élu pendant cette période de « crise ».

Ma fonction de Vice-Président à la promotion de la Santé au Conseil Général justifie que je m’implique dans cette réflexion. Est-elle incompatible ou contradictoire avec les réponses immédiates qu’attendent nos concitoyens pour la crise ? Sur mon blog, certaines réactions à mon intervention devant l’Assemblée Départementale sur la Santé et la Prévention tendent à l’affirmer. Pourtant je crois du devoir d’un élu responsable de dépasser les mesures conjoncturelles qui sont à prendre immédiatement en période difficile.

Certes, il faut tenir compte du pouvoir d’achat de chacun qui est malmené et ne pas alourdir les prélèvements. Certes, il faut ménager les entreprises qui sont ébranlées actuellement en s’interdisant de les mettre davantage à contribution. En même temps il faut soutenir l’économie en investissant pour donner du travail aux artisans, commerçants, PME et services, sans alourdir la dette que nous allons laisser à nos enfants. Ces mesures seront prises à Belleville, à la Communauté de Communes comme au Département. Il n’y aura que les services des ordures ménagères et de l’eau qui devront accroître leurs ressources pour répondre aux charges nouvelles dues à NOS comportements, à NOS consommations.

Mais cette gestion du quotidien pour la qualité de vie de nos concitoyens a-t-elle un sens si elle ne s’intègre dans une vision plus globale du sens de notre vie ? Pendant que nous nous plaignons de payer trop cher la destruction de nos déchets, ou l’eau que nous utilisons et parfois gaspillons, d’AUTRES sur Terre ne mangent pas à leur faim et manquent d’eau. Pendant que nous nous interrogeons sur le droit de mourir dans la dignité, contre la prolongation trop longue de la vie, d’AUTRES réclament simplement de pouvoir vivre. Pendant que nous nous interrogeons sur le nombre de fécondations in vitro à prendre en charge par la Sécurité Sociale pour un couple qui le réclame, sur le don de gamètes, d’ovocytes, d’embryons, sur la légitimité des mères porteuses, des enfants orphelins à l’autre bout de la planète réclament simplement un peu d’amour et d’attention.

La crise que nous traversons est chronologiquement une crise financière d’abord, économique ensuite et sociale enfin. Mais c’est avant tout une crise morale. Va-t-on continuer à piller la planète de ses matières premières, exploiter une partie de l’humanité parfois dès le plus jeune âge pour le superflu d’une autre partie de l’humanité avec les excès écœurants de quelques-uns (golden parachutes, stocks options) ?

 

Il nous faut construire un nouveau monde avec de nouveaux modèles de production, de consommation, de répartition des richesses. C’est le « travail » qui doit être reconnu et rémunéré, pas le « capital ». L’argent doit redevenir un moyen d’échange pas de spéculation. L’innovation qui protège la nature doit être récompensée, pas l’incitation à la débauche de consommation. La place centrale que doit occuper l’HOMME dans la société doit être redéfinie. La bioéthique doit s’intégrer dans la biodiversité. Il faut passer du « contrat social » au « nouveau contrat naturel  » du philosophe Michel SERRE, privilégier les droits de l’Homme (avec un grand H ) aux droits des individus, des états, des consommateurs.

Il n’y a pas de projets cohérents sans vision claire. C’est sur ce terrain que je veux engager le débat avec vous. Il n’y a pas de sujet dérisoire : le moindre petit problème, la moindre décision sont importants à régler au quotidien pour peu que l’on sache clairement où l’on va, quelles sont les valeurs qui balisent notre chemin.

Je crois aux valeurs humanistes de la République : la LIBERTE individuelle dans le respect des autres comme de soi-même, l’EGALITE des chances, des droits et des devoirs de chacun, la FRATERNITE c’est à dire la solidarité garantie par la laïcité de nos institutions qui refusent toute préférence communautaire ou religieuse.

C’est pour ça que je suis RADICAL et la méthode de respect, d’écoute et de partage qui a permis à notre Président Jean-Louis BORLOO de faire adopter à la quasi-unanimité au Sénat, en pleine contestation nationale les mesures avant-gardistes du Grenelle de l’Environnement est exemplaire et mérite d’être reconnue.

Publié le février 16, 2009, dans Non classé, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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