Rapport sur la santé et la prévention pour le Département

En tant que Vice-président chargé de la santé et de la prévention au Conseil général, j’ai présenté ce rapport en séance publique le 30 janvier dernier :

« Le Président de la République a rappelé en septembre dernier que « la santé est un moteur de la création d’emploi et de richesse dans notre pays ». Il s’appuyait sur le rapport ATTALI qui soutient que « le secteur de la santé ne constitue pas une charge mais un moteur de croissance ». L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère également qu’il est « rentable » d’investir dans le champ de la santé.

Mais en période de crise économique il convient également de s’interroger sur les valeurs et les priorités qui sous-tendent notre engagement. La santé, (le bien-être physique, psychique et social ainsi que l’a définie l’OMS) c’est à dire ce qui permet la vie est bien la raison essentielle de l’action de notre collectivité dont la solidarité est le premier domaine d’intervention.

Depuis de nombreuses années le Département est porteur de multiples actions relevant du champ de la prévention et de la promotion de la santé. Toutefois cette intervention n’a jamais fait l’objet d’une approche globale recoupant tous les domaines de compétence de la collectivité. Ainsi, ce rapport se veut un état des lieux non exhaustif mais prospectif destiné à une prise de conscience collective de l’importance de notre engagement dans ce domaine et vise à vous proposer de nouvelles perspectives d’action pour les années à venir.

Nous devons faire face désormais à un nouveau type d’épidémies, celles que l’on qualifie de « socio-comportementales » (les maladies cardio-vasculaires, les accidents, les conduites à risques, le diabète, le tabagisme, l’obésité) qui ont un coût social et économique non négligeable pour la collectivité. Paradoxalement la demande de bien-être et d’une vie « en bonne santé » n’a jamais été aussi forte dans la société. On veut bien vivre et bien vieillir. Dans ce contexte, les collectivités ont un rôle prégnant à jouer, le Département notamment grâce à ses compétences et son organisation territorialisée.

Le Département est une collectivité légitime à intervenir dans le domaine de la prévention et de la promotion de la santé car cette action s’inscrit dans le cadre de ses compétences légales ( Personnes âgées, Personnes handicapées…) et confortée par la participation à de nombreux réseaux (réseau de périnatalité AURORE, prévention de l’obésité REPOP). Aussi parce que cette action va au-delà et résulte d’une volonté politique (soutien au dépistage organisé des cancers, Bus Info Santé, sécurité routière, défibrillateurs, lutte contre l’ambroisie…) et se trouve en cohérence avec le Plan Régional de Santé Publique.

Il existe un réel intérêt pour le Conseil Général à investir ce champ. La prévention et la promotion de la santé sont susceptibles de réduire de 70 % la charge de morbidité mondiale. Parce que les conduites à risque, quelles qu’elles soient, ont un coût pour la collectivité (chronicité des maladies, handicap…). Il existe un enjeu sur ce positionnement du Département dans le contexte de création des futurs Agence Régionale de Santé (dans le cadre de la future loi « Hôpital, Santé, Patient, Territoire »).

Enfin, le Conseil Général possède des atouts non négligeables pour intervenir. Ses compétences lui permettent d’avoir une approche globale de l’individu et de son environnement (de la naissance à la personne âgée) qui facilité une action cohérente et sur le long terme. Son organisation territorialisée lui permet d’envisager de réels projets de territoire adaptés aux spécificités locales pour des actions pertinentes, facilement réajustables et évaluables. L’analyse du budget relève 350 millions d’€ pour la santé et la prévention, le Département emploie 540 professionnels (auxiliaires de puériculture, infirmiers, sages-femmes…), dont 160 médecins.

Quelles sont les perspectives et les propositions ?

Le 1er enjeu est de conforter la position du Département comme acteur de prévention et promoteur de la santé. L’objectif est d’accroître la cohérence et la lisibilité des actions entreprises, en encourageant le développement de démarches transversales dans la collectivité, en sous-tendant cette action sur un plan de communication stratégique et en promouvant le PNNS (Plan National Nutrition et Santé).

Le 2ème enjeu est de profiter de l’organisation territoriale des services pour que le Département soit un acteur reconnu dans le champ de la lutte contre les inégalités sociales de santé. L’objectif est de repérer des populations ou territoires cibles et mener des actions le plus en adéquation possible avec la réalité locale et y adjoindre des financements axés sur ces projets. Pour cela il faudrait organiser une étude du territoire du Rhône faisant émerger les thématiques et les populations prioritaires, élaborer un schéma départemental « santé-prévention » fixant pour les années à venir les axes forts du soutien de la collectivité, inclure dans les projets de territoires des Unités Territoriales des axes liés à la réduction des inégalités sociales de santé en lien avec le Programme Régional de Santé Publique (PRSP) et les résultats de l’étude du territoire du Rhône.

D’autre part, je vous demande d’approuver 2 actions très spécifiques et néanmoins porteuses de sens pour le Département :

– Approuver le principe d’une démarche expérimentale de mise en place de défibrillateurs automatiques et semi-automatiques dans les parcs et musées départementaux.

Cette démarche s’inscrit en cohérence avec les préconisations de ce rapport et notamment son axe en faveur d’une politique active de promotion de la nutrition et de l’activité physique. Un prochain rapport sera entièrement consacré à cette expérience.

– Approuver le principe de l’accueil en stage des internes de médecine générale et approuver les conventions qui y sont afférentes.

Outre la découverte de la pratique de la médecine territoriale, ces stages sont l’occasion d’une sensibilisation de ces futurs praticiens à la santé publique, la prévention et la promotion de la santé. Ces stages favorisent également une connaissance réciproque des milieux sanitaires et médico-sociaux. »

 

Ce rapport a été approuvé à l’unanimité des différents groupes politique du Conseil Général.

Publié le février 7, 2009, dans Non classé, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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