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« Quelle Laïcité Demain ? »

L’adhésion de tous les citoyens aux valeurs républicaines et à un Etat laïque est une condition de la pérennité de notre pacte social. Principe républicain essentiel à la coexistence pacifique de toutes les composantes de la société, la laïcité est la traduction d’une vision du bien commun forgée par notre histoire et par les choix du peuple français. Elle exprime l’idée que l’Etat repose directement sur la volonté des citoyens, sans subordination à aucune autorité supérieure à cette volonté.

Sans être une idée neuve, ce principe a vocation à façonner l’avenir de notre pays et permettra de consolider l’unité de la communauté nationale face à la montée des communautarismes et à la tentation du repli identitaire.

Pour cela, il est sans doute nécessaire, aujourd’hui plus qu’hier, que notre droit garantisse plus efficacement le respect du principe de laïcité. Cet objectif implique la définition de règles claires et concrètes, afin que chaque citoyen puisse mesurer la portée des droits et des devoirs qui découlent du caractère laïque de la République et de la société française.

Toutefois, la laïcité est d’abord un idéal avant d’être une norme juridique créatrice de droits et d’obligations. Le caractère laïque de la République ne sera définitivement acquis que si toutes les composantes de la société, et notamment les populations issues de l’immigration, voient dans ce principe une chance, une garantie de pouvoir exercer librement leur culte et, plus généralement, une valeur indissociable des notions de liberté et d’égalité. C’est donc essentiellement vers un effort d’explication, d’information, et d’éducation à la laïcité que doit s’orienter l’action publique.

Sur chacun de ces 2 plans, les services publics sont au cœur des enjeux liés à l’affirmation du principe de laïcité.

Parce qu’ils incarnent l’Etat et les collectivités territoriales, nul ne doit pouvoir douter de la neutralité des élus, des fonctionnaires et délégataires de services publics. Ils doivent donc être mis en mesure de résister aux pressions et aux tentatives d’instrumentalisation, et d’appliquer le principe de laïcité avec fermeté et discernement, dans tous les services publics de proximité, notamment l’école, l’hôpital et les services publics locaux.

Parce qu’ils ont la charge d’œuvrer à la diffusion des valeurs républicaines, notamment dans le cadre de l’éducation nationale, mais aussi de l’accueil des nouveaux arrivants et de l’organisation des principales étapes de la vie citoyenne, les services publics ont une mission essentielle de défense et de promotion de la laïcité comme principe, et doivent se fixer pour objectif de créer les conditions d’une adhésion durable de tous les citoyens à cet idéal commun.

Quatre ans après l’adoption de la loi du 15 mars 2004 sur le port des signes religieux ostensibles à l’école, la laïcité reste un enjeu majeur pour notre avenir. L’apaisement rendu possible par cette loi peut être mis à profit pour engager une action durable, centrée principalement sur un effort d’éducation, d’information et de formation. En effet, la construction d’une société laïque ne doit pas seulement être le fruit d’une réaction à des situations de crise, mais faire l’objet d’un effort continu et concerté inscrit dans le long terme.

LA LAICITE EN DEBAT

La laïcité est consubstantielle à la République. Elle en est le principe fondateur : la République est faite par des citoyens, pour les citoyens. Il est contraire à sa nature même d’admettre qu’une prescription ayant une source religieuse ou idéologique puisse être considérée comme supérieure à la loi.

La laïcité assure une coexistence de toute les religions, elle rassemble ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. Elle garantit la neutralité de l’espace public. Un effort de pédagogie est nécessaire auprès de ceux, notamment les jeunes, qui penseraient que la laïcité est un facteur d’exclusion de leur religion. C’est grâce à son caractère laïque que la France a toujours intégré ceux qui l’ont rejoint au cours du siècle dernier. La laïcité est pour l’islam une chance, en aucun cas un obstacle.

Aucun homme ne peut se voir exclu de la société française au nom de ses convictions ou de ses choix religieux. Le combat pour la laïcité exige de ne pas déroger à ce principe car son application est la condition nécessaire pour construire une société ouverte et tolérante.

Il ne s’agit pas d’envisager une nouvelle loi qui remplacerait celle de 1905. On ne peut exclure, pour renforcer la laïcité ou régler quelques problèmes comme celui des carrés confessionnels dans les cimetières, des modifications législatives ou réglementaires.

REAFFIRMER LE ROLE CENTRAL DE L’ECOLE

L’école, même si la loi de mars 2004 a réglé une grande partie des problèmes, n’est pas sortie des difficultés : absentéisme pour cause religieuse, refus ciblé d’assister à certains cours, augmentation des actes de violence à caractère ethnique, revendications en matière de menu dans les cantines. Une extrême vigilance s’impose pour que l’école publique reste le creuset de la République, le lieu de privilégié de l’apprentissage de la tolérance et de la citoyenneté. Les professeurs doivent être formés pour pouvoir développer cet aspect primordial de leur œuvre éducative. Ils devront donc recevoir à l’Université, en IUFM, en formation continue, une formation obligatoire sur la laïcité et le fait religieux. L’école, sans pour autant renoncer à son obligation de neutralité, a le devoir de proposer dans le cadre des programmes existants une approche rationnelle des religions.

En cas de problème, les professeurs et, au-delà, toute la communauté éducative, doivent être soutenus et bénéficier de lignes directives claires et détaillées. Pour cela il convient de pérenniser les « cellules laïcité » créées en 2004 dans les rectorats.

En proposant une formation obligatoire pour tous les acteurs du système éducatif, en exigeant de la hiérarchie qu’elle s’engage clairement, en institutionnalisant les cellules laïcité et en intégrant des les programmes l’enseignement du fait religieux, le Parti Radical est fidèle à sa tradition et à son engagement républicain. C’est par l’école que la laïcité n’est pas seulement un principe juridique mais un ensemble de règles pour la vie collective. Elle mérite donc une vigilance encore plus forte au moment où la société est traversée de mouvements communautaristes et identitaires.

L’HOPITAL

L’hôpital exige lui aussi une attention particulière. C’est un lieu critique, propice à l’expression exacerbée des différences religieuses ou culturelles. Le personnel hospitalier, parfois formé dans des pays n’ayant pas les mêmes traditions culturelles que la France, peut être lui aussi tenté d’exprimer publiquement ses croyances et ses convictions.

LES SERVICES PUBLICS DECONCENTRES ET LES COLLECTIVITES LOCALES

Il en est de même dans tous les autres services publics, surtout les services publics locaux issus de la décentralisation et de la déconcentration. Ces derniers sont soumis à de multiples sollicitations émanant de groupes de pression ou d’associations qui mettent en cause la neutralité de l’espace public en en limitant ou conditionnant l’accès (refus par exemple de la mixité dans les piscines). La gestion des cimetières pose de ce point de vue un problème particulier ; une pression très forte existe pour voir légaliser les carrés confessionnels. Les responsables locaux (surtout les maires) sont demandeurs d’informations pour éclairer et assurer leurs choix.

Intervention de Bernard FIALAIRE

Soirée débat du Mardi 9 décembre 2008

 

Référence :

« La laïcité dans les services publics »

par André ROSSINOT

 

Voilà la laïcité positive qui revient !

Mais que diable, Nicolas SARKOZY, veut-il faire passer avec ce concept ? Les Radicaux sont les mieux placés pour lui rappeler que la LAICITE (la laïcité, tout court) est une valeur positive. Vous connaissez quelqu’un qui revendique une LAICITE négative ?

La Laïcité, c’est la Tolérance, le Respect et l’Impartialité. Or l’adjectif « positive » a déjà été utilisé pour supprimer l’Impartialité. Lorsque Nicolas SARKOZY défend la « discrimination positive », il s’en prend à la discrimination qu’il a raison de corriger. Mais attention, la LAICITE ne mérite pas de correction. C’est elle qui permet à chacun d’entre nous de rester libre. Libre de penser, de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou non une religion en respectant la liberté des autres.

On disait ce combat terminé, ce progrès acquis eh bien, non, il nous faut toujours être vigilant. « Prenez garde aux choses que vous dites » disait Victor Hugo, il y a des mots qui peuvent causer des grands maux.