Projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2023

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PRINCIPALES DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2022

Rectification des tableaux d’équilibre de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) et des sous-ONDAM (Articles 3 et 4)

–  Équilibre des régimes obligatoires de base de sécurité sociale : déficit de 20,7 milliards d’euros (18,9 milliards d’euros en comprenant le fonds de solidarité vieillesse).

–  Fonds de solidarité vieillesse : excédent de 1,8 milliard d’euros.

–  Dette amortie par la caisse d’amortissement de la dette sociale : 18,6 milliards d’euros.

–  Objectif national des dépenses d’Assurance Maladie : 247 milliards d’euros.

PRINCIPALES DISPOSITIONS RELATIVES À L’EXERCICE 2023

Transferts de recouvrement aux Urssaf

Le texte prévoit de reporter le transfert aux Urssaf de l’activité de recouvrement de l’Agirc-Arrcoet de la Caisse des dépôts et consignations à 2024 et 2025 (article 7).

Prolongement du TO-DE

Le texte prolonge de trois ans, jusqu’en 2026, le dispositif d’exonération lié à l’emploi de travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi (TO-DE), qui doit arriver à son terme à la fin de l’année 2022 (article 8).

Actions de prévention

  • En matière de lutte contre le tabagisme, le PLFSS prévoit d’indexer les prix du tabac sur l’inflation. Le prix moyen du paquet de 20 cigarettes devrait augmenter de 50 centimes en 2023 et de 35 centimes en 2024 (soit 11 euros en 2024). Il est par ailleurs prévu de prendre en compte le tabac à rouler et à chauffer – relativement moins taxés – dans le cadre d’un barème fiscal harmonisé (article 15).
  • Des « rendez-vous de prévention » seront mis en place aux âges clés de la vie (20-25 ans, 40- 45 ans et 60-65 ans) afin de promouvoir l’activité physique et sportive, de prévenir certains cancers et addictions, de promouvoir la santé mentale et la santé sexuelle et de repérer les violences sexistes et sexuelles (article 29).
  • Les examens de dépistage pour le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) seront remboursés : Ces examens seront possibles, sans ordonnance, dans tous les laboratoires de biologie médicale et leur remboursement à 100% sera étendu aux moins de 26 ans (article 30).
  • Le PLFSS prévoit d’expérimenter pour trois ans le dépistage néonatal de la drépanocytose (maladie génétique touchant les globules rouges qui se manifeste notamment par une anémie, des crises douloureuses et un risque accru d’infections) de façon systématique et obligatoire en France métropolitaine (article 31).
  • L’accès gratuit et sans ordonnance à la contraception d’urgence en pharmacie est élargi à toutes les femmes et non plus seulement aux moins de 18 ans (article 32).
  • Afin d’améliorer la couverture vaccinale de la population, les pharmaciens, les infirmiers, les sages-femmes ainsi que les étudiants de 3ème année de médecine et de pharmacie seront habilités à prescrire et à administrer les vaccins du calendrier des vaccinations aux personnes pour lesquelles ces vaccinations sont recommandées (article 33).

Accès aux soins

  • Le texte vise à exonérer, en 2023, de cotisations d’assurance vieillesse les médecins en exercice libéral en cumul emploi-retraite, en dessous d’un niveau de revenu défini par décret, afin de favoriser le maintien en activité des médecins libéraux retraités sur l’ensemble du territoire (article 13). Plus largement, afin de lutter contre les déserts médicaux, le texte dispense les médecins retraités reprenant une activité en zone de désertification médicale du respect du délai de carence de six mois et du plafonnement des revenus dans le cadre du cumul emploi-retraite (article 111).
  • Il pérennise les mesures d’urgence prises cet été pour faciliter le recrutement de médecins libéraux régulateurs au sein des SAMU et des services d’accès aux soins (article 17).
  • Il met en place une exonération générale de ticket modérateur pour l’ensemble des transports sanitaires urgents. Cette augmentation est neutre pour les 96% d’assurés couverts par une complémentaire santé (article 34).
  • Il crée une 4e année d’internat de médecine générale. Cette année supplémentaire sera effectuée en stage, sous un régime d’autonomie supervisée par des maîtres de stage agréés, en pratique ambulatoire ou en milieu hospitalier, en priorité dans les zones caractérisées par une offre de soins insuffisante ou par des difficultés dans l’accès aux soins (article 37).
  • Il introduit la notion d’une responsabilité collective de participation à la permanence des soins, tant en établissement de santé qu’en ville, pour garantir un accès aux soins non programmés pendant les horaires de fermeture des services hospitaliers et des cabinets médicaux en répartissant cet effort entre toutes les structures et tous les médecins d’un territoire. Il élargit par ailleurs la permanence des soins ambulatoire aux chirurgiens-dentistes, sages-femmes et infirmiers diplômés d’État pour gérer des demandes régulées par les SAMU et les services d’accès aux soins qui n’ont pas vocation à être prises en charge par un médecin (article 39).
  • Il contient une mesure de régulation de l’intérim des professionnels médicaux et paramédicaux exerçant en établissements de santé, laboratoires de biologie médicale, établissements de services médico-sociaux : leur recrutement en intérim ne sera autorisé que s’ils justifient avoir exercé leur activité en salarié ou en libéral pendant une durée minimale, fixée par décret en Conseil d’État (article 42).
  • Il reporte au 30 avril 2023 (au lieu du 31 décembre 2022) la date limite de passage en commission nationale d’autorisation d’exercice des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue) pour permettre l’instruction des dossiers, un certain nombre de commissions n’ayant pas pu se réunir en raison de la crise sanitaire (article 48).
  • Le texte prévoit plusieurs expérimentations :

Pour permettre aux infirmiers de signer les certificats de décès pendant un an et dans six régions (article 36) ;

Pour autoriser l’accès direct des patients, c’est-à-dire sans ordonnance médicale, aux infirmiers de pratiques avancées (formés pour pouvoir réaliser des actes médicaux) pendant trois ans et dans trois régions (article 40) ;


Pour que les médecins, installés dans des zones où le niveau de l’offre de soins est satisfaisant voire élevé, consacrent une partie de leur temps à des consultations réalisées dans des territoires où il en manque pendant trois ans et dans trois régions (article 41).

  • En matière de biologie médicale, le texte vise à améliorer la tarification des actes innovants, mieux encadrer le dispositif de la biologie délocalisée afin de permettre un meilleur accès à certains actes et réguler les tarifs des actes de biologie médicale. Ainsi, si les partenaires conventionnels ne parviennent pas à conclure un accord avant le 1er février 2023, présentant des économies à hauteur de 250 millions d’euros, le ministre pourra baisser les tarifs de biologie par arrêté (article 51).
  • Le texte encadre l’activité des plateformes de téléconsultation, soumises à agrément, permettant de structurer leurs activités, renforcer la qualité des soins et le respect des normes de sécurité et d’accessibilité (article 53).

Produits de santé

  • S’agissant de la clause de sauvegarde des médicaments (article 18), le texte :

–  Supprime la clause de sauvegarde spécifique aux médicaments sur le marché depuis au moins 2 ans, caractérisés par une forte croissance (plus de 10%) et un important chiffred’affaires, c’est-à-dire de plus de 50 millions d’euros,

–  Modifie la répartition de la clause de sauvegarde : 70% de la contribution seront calculésau prorata du chiffre d’affaires (au lieu de 100% actuellement) et 30% en fonction de laprogression de ce chiffre d’affaires,

–  Étend le périmètre de la clause de sauvegarde aux médicaments innovants et encroissance et aux médicaments achetés par Santé Publique France.

  • S’agissant de la prise en charge des médicaments bénéficiant d’un accès compassionnel et des médicaments de thérapie innovante, le texte prévoit notamment que les thérapies géniques qui présentent un espoir thérapeutique majeur pour les patients, doivent intégrer le panier de soins dans des conditions de prix en adéquation avec leur valeur ajoutée sur le plan clinique, notamment en comparaison avec les alternatives existantes au moment de la négociation du prix. Il permet des référencements sur certaines classes de médicaments pour activer la concurrence et renforcer la maîtrise des dépenses. Il incite les industriels, lors de la prise en charge d’un nouveau produit, à garantir l’approvisionnement de ses produits anciens, sous peine de pénalité. Le CEPS peut prononcer de manière unilatérale, des remises pour les médicaments innovants (article 54).
  • Il prolonge d’une année l’expérimentation de l’utilisation du cannabis thérapeutique pour permettre un accès au traitement pour les patients et finaliser l’évaluation du protocole (article 57).
  • En matière d’accès des patients aux dispositifs médicaux, produits et prestations et l’efficience de leur prise en charge, le texte améliore la tarification des dispositifs médicaux et des prestations associées en distinguant mieux la valorisation du produit de la marge de distribution et des prestations associées et en réformant les modalités de fixation du prix. Il renforce la régulation des inscriptions et complète, à la marge, les régimes de prise en charge des dispositifs innovants et de la télésurveillance (article 58).
  • Afin de pallier les difficultés d’accès que pourraient rencontrer les patients, le texte rend possible la substitution de certains dispositifs médicaux au sein de catégories comparables et selon des modalités de sécurité, d’acceptabilité et de concertation entre prescripteur, pharmacien d’officine et patient (article 60);
  • Le texte permet l’élargissement de la prise en charge « 100% santé » aux professions n’étant pas régies par le code de la santé publique, dans le but de permettre la prise en charge des prothèses capillaires pour les personnes traitées par chimiothérapie (article 61).

Mesures en faveur des personnes âgées et handicapées

  • À la suite de « l’affaire Orpéa », les Ehpad seront mieux contrôlés, afin d’assurer la sécurité des résidents et la qualité de l’accueil. Plusieurs mesures de transparence et de régulation financière des établissements et services médico-sociaux seront ainsi mises en place telles que le recours à des astreintes journalières lorsqu’un organisme contrôlé ne transmet pas les documents demandés ou le renforcement du contrôle des ARS (article 62).
  • Les sanctions des Ehpad sont par ailleurs renforcées 

–  Augmentation à 1 000 € par jour (contre 500 aujourd’hui) de l’astreinte journalière applicable en cas de non-respect des injonctions figurant dans un rapport d’une autorité de contrôle (notamment ARS) à la suite de l’inspection d’un établissement social et médico- social (article 63) ;

–  Augmentation à 5% maximum du chiffre d’affaires (contre 1% aujourd’hui) des sanctions financières applicables aux établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) en cas de non-respect des dispositions du code de l’action sociale et des familles (article 64).

  • Le texte poursuit la réforme du financement des services autonomie à domicile avec notamment la création d’une dotation globale dont une partie sera forfaitaire permettant d’assurer une part socle robuste et une autre partie variable. 240 millions d’euros seront consacrés à cette réforme d’ici 2030 (article 68).
  • La forfaitisation de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) sera généralisée et ne sera plus conditionnée à la conclusion d’un Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (article 69).
  • Les bénéficiaires de l’APA bénéficieront, à partir du 1er janvier 2024, d’un temps dédié à l’accompagnement et au lien social – jusqu’à deux heures par semaines – afin de prévenir la perte d’autonomie des personnes âgées et de lutter contre leur isolement social (article 75).
  • Le texte crée un parcours de rééducation et réadaptation coordonné, en ville, pour les enfants en situation de polyhandicap et de paralysie cérébrale pour en améliorer la prise en charge en ajustant son projet au plus près des besoins réels, y compris en incluant des actes de psychomotricité et d’ergothérapie (article 79).
  • Le texte prévoit d’expérimenter pendant trois ans un parcours d’accompagnement des proches aidants, financé par le fonds d’intervention régional (FIR), qui pourrait notamment passer par la prise en charge d’une consultation médicale spécifique (article 82)
  • Le texte prévoit la remise d’un rapport sur les professions du soin, du médico-social et du social qui n’auraient pas bénéficié des mesures de revalorisation prises dans le cadre du Ségur de la Santé et des accords « Laforcade » et présentant les pistes pour améliorer la rémunération des personnels exclus (article 83).

Mesures en faveur des familles

  • Le texte réforme le complément de libre choix du mode de garde (CMG), une aide destinée aux familles pour faire garder leurs enfants de moins de six ans : au plus tard au 1er juillet 2025, le mode de calcul du CMG « emploi direct » permettra de rendre l’accueil par une assistante maternelle aussi accessible que la crèche et d’harmoniser les restes à charge entre ces deux modes d’accueil. Le CMG sera étendu jusqu’aux 12 ans de l’enfant pour les familles monoparentales. Il sera possible de l’ouvrir aux deux parents en cas de résidence alternée de l’enfant. Il est par ailleurs mis fin à la condition des 16 heures minimales de garde d’enfant nécessaires pour bénéficier du CMG « structure » (article 86).
  • Le droit au renouvellement du congé de présence parentale, créé par la loi du 15 novembre 2021 pour améliorer les conditions de présence parentale auprès d’un enfant dont la pathologie nécessite un accompagnement soutenu, est étendu aux fonctionnaires (article 87).
  • Le texte garantit aux salariés – lors des congés maternité, paternité et d’accueil de l’enfant – le versement par l’employeur d’une somme au moins égale aux indemnités journalières dues par l’assurance maladie. L’employeur pourra être soit subrogé dans les droits de recevoir les indemnités journalières (dans ce cas l’assurance maladie lui versera le montant des indemnités journalières dues dans un délai fixé par décret, a priori sept jours), soit être remboursé de la somme correspondant à ces indemnités après leur versement au salarié par la CPAM. Cette disposition entrera en vigueur, selon la taille des entreprises et dans les administrations publiques, au plus tard le 1er janvier 2025 (article 90).
  • L’attribution automatique de la complémentaire santé solidaire gratuite est élargie aux enfants de moins de 25 ans qui vivent sous le même toit que des bénéficiaires du RSA et aux conjoints, concubins ou partenaires des bénéficiaires de l’ASPA (article 105).

Modernisation du service public de la sécurité sociale

  • Le texte aligne les prestations sociales de Saint-Pierre-et-Miquelon avec le droit commun (article 93) :

– Institution d’une caisse de prévoyance sociale,
– Rattrapage et alignement de certaines prestations sur le droit commun, concernant la branche maladie, les prestations familiales et la branche autonomie.

Branche accidents du travail et des maladies professionnelles (AT-MP)

  • Le texte révise les modalités de calcul des prestations d’accidents du travail-maladies professionnelles des non-salariés agricoles pluriactifs : il autorise le cumul des indemnités journalières d’Assurance Maladie non-salariée agricole et des indemnités accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP) du régime des salariés au profit des assurés pluriactifs non- salariés agricoles et salariés. Il accorde une rente assurance accidents du travail des exploitants agricoles (ATEXA) à partir de 30% d’incapacité permanente partielle (IPP) aux non-salariés agricoles autres que les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole (article 94
  • Le texte améliore la réparation des enfants atteints d’une pathologie du fait de l’exposition professionnelle de l’un de leurs parents à des pesticides en :

– Etendant l’indemnisation à leur ayants droits (article 95)

– Supprimant le principe de déduction des autres indemnités de toute nature du montant de l’indemnisation forfaitaire fixée par le fonds d’indemnisation des victimes des pesticides (article 96).

Lutte contre les abus et la fraude sociale

  • Le texte renforce les prérogatives des agents de la sécurité sociale dans la lutte contre la fraude, simplifie les procédures de sanction et augmente les pénalités financières, dans l’objectif d’augmenter de 10% les fraudes détectées et de recouvrer 500 millions d’euros d’ici 2024 (article 98) :

–  Les greffiers des tribunaux de commerce pourront transmettre aux agents des organismes de protection sociale et de l’État des renseignements et documents recueillis dans l’exercice de leurs missions et faisant présumer des fraudes en matière de cotisations ou prestations sociales ;

–  Les plafonds de pénalités financières applicables en cas de fraudes à l’assurance maladie sont réhaussés à hauteur de 300% du préjudice financier (ou 8 fois le plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) à défaut de sommes déterminables) et jusqu’à 400% du préjudice ou 16 PMSS en cas de fraude en bande organisée ;

–  Les contrôleurs des caisses de sécurité sociale disposeront de prérogatives de cyber- enquête.

  • À partir du 1er juillet 2023, les versement des prestations sociales ne pourront être effectués que sur un compte bancaire ou financier, domiciliés en France ou dans l’espace unique de paiement en euros de l’Union Européenne et identifiés par un numéro national ou international de compte bancaire (article 99).
  • Le déconventionnement d’urgence sera étendu à tous les professions de santé en cas de fraude majeure (article 100).
  • Les arrêts de travail prescrits à l’occasion d’une téléconsultation par un autre médecin que le médecin traitant ou un médecin vu en consultation depuis moins d’un an ne seront remboursés que dans certaines conditions limitatives afin de limiter les abus (article 101)

Objectifs de dépenses des diverses branches

  • Branche maladie, maternité, invalidité et décès : 238,3 Md€ (+ 8,7 Md€ par rapport à la LFSS pour 2022 mais – 3Md€ par rapport au chiffre prévisionnel des dépenses réalisées en 2022)
  • Branche AT-MP : 14,8 Md€(+ 0,6 Md€ par rapport à 2022)
  • Branche vieillesse : 273,3 Md€ (+ 4% par rapport à 2022)
  • Branche famille : 55,3 Md€ (+ 4,4 Md€ par rapport à 2022)
  • Branche autonomie : 37,4 Md€ (+ 5,3 % par rapport à 2022)
  • Fond de solidarité vieillesse : 19,3 Md€ (+ 1,3 Md€ par rapport à 2022)

Ondam et sous-Ondam

Pour 2023, l’ONDAM est fixé à 244,1 Md€ (-0,8 % par rapport à 2022)

  • Dépenses de soins de ville : 103,9 Md€
  • Dépenses relatives aux établissements de santé : 100,7 Md€
  • Dépenses relatives aux établissements et services pour personnes âgées : 15,3 Md€
  • Dépenses relatives aux établissements et services pour personnes handicapées : 14,6 Md€
  • Dépenses relatives au fonds d’intervention régional et au soutien national àl’investissement : 6,1 Md€
  • Autres prises en charge : 3,4 Md€

TRIBUNE dans Le Monde. Jeux olympiques : une trentaine de sénateurs appellent à « tout faire pour sauver les festivals en 2024 »

Une trentaine de sénateurs de différents horizons politiques, tous membres de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, proposent, dans une tribune au « Monde », des mesures pour assurer la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques et des festivals culturels menacés d’ajournement.

Publié le 07 décembre 2022 à 13h00, mis à jour le 07 décembre 2022 à 13h00 | Lecture 5min.

A vec plus de 7 000 manifestations organisées chaque année sur son sol, la France est incontestablement une « terre de festivals ». Peu importe, au fond, de savoir si cette expression est scientifiquement fondée, elle su!t à révéler l’importance que revêtent les festivals et les di »érentes manifestations culturelles, au-delà même de notre seul imaginaire.

Ce ne sont pas des événements culturels comme les autres : ils sont à la croisée des enjeux de nos territoires et contribuent à leur dynamisme. Chaque année, ils font battre à l’unisson le cœur du pays et permettent de rassembler, y compris dans les zones les plus reculées où la culture est généralement absente, les amateurs de musique, de théâtre, de littérature ou de cinéma venus des quatre coins du monde et représentant toutes les générations.

Eux, qui ont tant besoin de visibilité pour parvenir à nous faire rêver, traversent depuis quelques années une période tumultueuse. A »ectés par la hausse de leurs coûts, encore meurtris par la crise sanitaire et ses bouleversements sur les habitudes des publics, les voilà désormais potentiellement sommés d’annuler ou de reporter leur édition 2024 en raison de la concomitance des Jeux olympiques et paralympiques.

L’impact de l’annonce brutale faite par le ministre de l’intérieur, au détour de son audition par le Sénat le 25 octobre, est considérable. Au-delà des festivals, c’est tout leur écosystème qui pourrait en pâtir.

Un moment d’unité

Sur la forme, les sénateurs signataires jugent la méthode inacceptable. Il est en particulier fort regrettable qu’aucune concertation avec les organisateurs de festivals n’ait été organisée préalablement par les pouvoirs publics, alors que les Jeux doivent se tenir dans moins de deux ans et que la France a l’assurance de les accueillir depuis 2017 !

le fond, il n’est pas acceptable que l’organisation des Jeux dans notre pays conduise à opposer le sport à la culture ou l’Ile-de-France aux autres territoires. Au-delà d’être une compétition sportive, les Jeux ont toujours été un moment d’unité, de rassemblement, de célébrations et d’échanges culturels riches et foisonnants : la mise en place des Olympiades culturelles en est la preuve. Comment imaginer que nos territoires se retrouvent privés de leurs manifestations culturelles dans ces circonstances ? N’entrerions-nous pas, en définitive, en contradiction avec l’esprit olympique ?

Il faut tout faire pour sauver autant que possible les festivals en 2024. Mais le temps presse.

Instaurer un comité de suivi

Le sort des festivals ne peut pas rester suspendu. La programmation des festivals pour 2024 est, dans bien des cas, déjà finalisée. L’Etat, les collectivités territoriales et les organisateurs de festivals doivent pouvoir rapidement se parler afin de dissiper les nombreuses incertitudes qui subsistent.

La priorité est donc de mettre en place des structures facilitant leurs échanges. Au niveau national, d’une part, cet épisode démontre la nécessité d’une plus grande coordination de l’action gouvernementale sur les questions liées à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques. Le ministère de la culture ne doit pas être tenu à l’écart des discussions entre le ministère de l’intérieur, le ministère des sports et le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques.

Au niveau départemental, il paraît indispensable d’instaurer un comité de suivi des Jeux dans l’ensemble des départements – pas seulement dans ceux qui accueilleront des délégations –, compte tenu des e »ets domino qu’auront les Jeux dans l’ensemble des territoires et qu’il faut anticiper. Par ailleurs, certaines lacunes doivent être comblées au niveau même du ministère de la culture : la nomination d’un nouveau référent « festivals » ne peut plus attendre, de même qu’il faut veiller à ce que les festivals disposent d’un interlocuteur attitré dans chaque Direction régionale des a »aires culturelles.

Le recours à l’armée

L’autre urgence est de définir un calendrier de travail compatible avec les besoins de la programmation des festivals, afin d’envisager plus sereinement autre chose que l’annulation pure et simple.

Il faut enfin se poser les bonnes questions sur la sécurité. Le recours à l’armée en est une.

Ne faut-il pas revoir à la baisse les ambitions concernant la cérémonie d’ouverture ? Le projet de faire parcourir aux délégations un trajet de 6 kilomètres sur la Seine et d’accueillir 600 000 spectateurs est certes spectaculaire, mais son ampleur et sa configuration soulèvent des difficultés en termes de sécurisation, qui peinent à être résolues.page2image28531200 

Surtout, pourquoi ne pas envisager de mobiliser des moyens supplémentaires qui nous permettraient d’assurer à la fois la sécurité des Jeux et celle des autres événements organisés sur le reste du territoire ? Regardons ce qu’ont fait les pays hôtes ces dernières années. En 2012, la sécurité des Jeux olympiques de Londres avait été partiellement assurée par des militaires et réservistes de l’armée britannique : ils étaient 17 000 sur les 40 000 forces de l’ordre mobilisées pour l’occasion. Pourquoi ne pourrions-nous pas, nous ici, faire appel à l’armée pour prêter main forte aux forces de police et de gendarmerie ?

Il est primordial que des solutions puissent être trouvées dans les prochaines semaines. Le plus regrettable, en fin de compte, est de constater que les festivals ont été oubliés dans la construction du projet olympique pour 2024, alors qu’ils auraient pu être placés au cœur de la mise en œuvre des futures Olympiades culturelles. Il se serait sans doute agi d’un moyen e!cace d’associer l’ensemble des territoires à la perspective exceptionnelle d’accueillir les prochains Jeux olympiques.

Premiers signataires : Laurent Lafon, président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (Union centriste, UC) ; Sonia de La Provôté, présidente du groupe d’études arts de la scène, arts de la rue et festivals en régions (UC) ; Max Brisson, vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (Les Républicains, LR) ; Sylvie Robert, vice-présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (Groupe socialiste, écologiste et républicain, SER) ; Pierre Ouzoulias, vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (Groupe communiste républicain citoyen et écologiste, CRCE) ; Monique de Marco, vice-présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (Groupe écologiste – solidarité et territoires, EST) ; Bruno Retailleau, président du groupe LR ; David Assouline, vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (SER) ; Nathalie Delattre, vice-présidente du Sénat (Groupe Rassemblement démocratique et social européen, RDSE) ; Laure Darcos, vice- présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (LR).

Signataires suivants : Jérémy Bacchi, sénateur (CRCE) ; Annick Billon, sénatrice (UC) ; Alexandra Borchio Fontimp, sénatrice (LR) ; Céline Boulay-Espéronnier, secrétaire de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (LR) ; Céline Brulin, sénatrice (CRCE) ; Thomas Dossus, sénateur (EST) ; Bernard Fialaire, vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (RDSE) ; Jean Hingray, sénateur (UC) ; Jean- Raymond Hugonet (LR) ; Else Joseph, secrétaire de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (LR) ; Claude Kern, sénateur (UC) ; Michel Laugier, sénateur (UC) ; Pierre- Antoine Levi, sénateur (UC) ; Jean-Jacques Lozach, sénateur (SER) ; Marie-Pierre Monier, secrétaire de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (SER) ; Catherine Morin-Desailly, sénatrice (UC) ; Olivier Paccaud, sénateur (LR) ; Stéphane Piednoir, vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication (LR) ; Elsa Schalck, sénatrice (LR) ; Lucien Stanzione, sénateur (SER) ; Damien Regnard, sénateur (LR) ; Sabine Van Heghe, sénatrice (SER) ; Anne Ventalon, sénatrice (LR) ; Cédric Vial, sénateur (LR).

L’ensemble des signataires sont membres de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication au Sénat.

Mission Recherche et enseignement supérieur – Projet de loi de finances pour 2023 

28 novembre 2022 – Sénat – Séance publique.

Madame la ministre, vous visez l’égalité des chances pour l’accès à l’enseignement supérieur : parlons-en. La diversité sociale n’a pas progressé en dix ans au sein des grandes écoles : parents CSP+ et Franciliens restent la norme.

Pour les 83 000 étudiants en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE), la majorité des dix meilleurs établissements sont publics pour les filières scientifiques et littéraires, mais sept des dix meilleures prépas économiques et commerciales sont privées, avec des frais de scolarité annuels supérieurs à 5 000 euros par an, sans parler des officines privées. Le tutorat gratuit gagnerait à être développé.

L’enseignement public doit être la voie d’excellence. Le jeu vidéo ne bénéficie que d’une formation supérieure publique malgré son développement. Les déterminants non académiques de la réussite ne doivent pas constituer un obstacle et le mérite doit demeurer un ascenseur social.

Parcoursup devait favoriser un taux minimal de bacheliers boursiers dans le supérieur, y compris dans les filières sélectives : mais si le taux de néo-bacheliers boursiers admis dans le supérieur est passé de 20 à 25 %, ils restent peu nombreux dans les CPGE – 28 % seulement, alors qu’ils sont 39 % à l’université et 54 % dans les sections de techniciens supérieurs (STS). Et votre objectif stagne à 30 % jusqu’en 2025 : il faut plus d’ambition ! 

Je salue les mesures prises par le Gouvernement en faveur du pouvoir d’achat des étudiants : gel des loyers universitaires, revalorisation des bourses et repas à 1 euro. Le produit de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC) devrait atteindre 175 millions d’euros en 2023, 25 millions de plus qu’en 2022, pour favoriser la pratique sportive et l’accès à la culture.

Je me réjouis de l’extension du pass’sport à 800 000 étudiants boursiers, mais, madame la ministre, le sport universitaire est trop négligé.

Enfin, ce budget prévoit une hausse des budgets des universités et des organismes de recherche, des revalorisations salariales et la création de 650 postes de chaires de professeur junior et de doctorants. Aucun chercheur ne sera désormais payé moins de deux Smic en début de carrière : c’est indispensable pour redonner de l’attractivité à la recherche.

Le groupe RDSE a voté les crédits de la mission.

L’essentiel du rapport : http://www.senat.fr/rap/l22-115-313/l22-115-3130.html#toc0

Mission « Médias, livres et industries culturelles » – PLF 2023

28 novembre 2022 – Sénat – Séance publique.

La presse, la télévision, la radio, le livre, la musique, le cinéma sont traversés par la même difficulté : la révolution numérique a bouleversé les usages et les modèles économiques. Avec la crise sanitaire et l’inflation, c’est un contexte flottant dans lequel les pouvoirs publics doivent accompagner ces secteurs. La tâche est immense.

Tôt ou tard, il faudra réformer l’audiovisuel public, d’autant plus que la contribution à l’audiovisuel public n’existe plus. Le RDSE n’éprouve pour elle nulle nostalgie, mais souscrit aux principes défendus par le Sénat d’un regroupement des entreprises de l’audiovisuel public et d’une budgétisation des ressources.

Audiovisuel, presse, livre et industries culturelles ont besoin d’un soutien important des pouvoirs publics. Les crédits en hausse de 0,6 % en autorisations d’engagement et de 4,4 % en crédits de paiement seront utilement complétés par France 2030. Ces secteurs sont au coeur du projet républicain.

À travers le soutien à la presse, il faut veiller au pluralisme de l’information, indispensable à la démocratie. Je partage le constat d’une réforme des aides à la presse, qui doivent être corrélées aux objectifs de diffusion et de pluralisme.

L’élu du Rhône que je suis ne se plaindra pas de ce que les Messageries lyonnaises de presse, de brillantes secondes, soient devenues premières devant France Messageries.

Je me réjouis de la résistance de l’Agence France-Presse (AFP), qui délivre une information vérifiée et de qualité. La stabilité de sa subvention versée par l’État devrait conforter sa position.

Le modèle du livre est fragilisé. Je m’inquiète du blocage entre auteurs et éditeurs. Ces derniers devaient se souvenir que sans création, il n’y a pas d’édition.

Le soutien aux librairies pendant la pandémie a été essentiel, mais elles attendent des mesures sur des frais de ports minimaux.

Les 150 librairies expatriées doivent être aidées, car les frais de port leur posent encore plus problème.

Le cinéma inquiète depuis longtemps. François Mitterrand, devant le Parlement européen en 1995, disait « alors que nous célébrons le centenaire du cinéma, l’art le plus populaire du siècle n’a jamais été si menacé dans chacun de nos pays ».

Depuis cette date, le cinéma français résiste, grâce à l’aide du CNC, mais nous devons trouver un équilibre avec les plateformes de streaming, la principale menace. C’est contribuer à la souveraineté culturelle de la France.

Le RDSE a voté les crédits. 

L’essentiel de la mission : https://bit.ly/3FaJh7V

Mission « Culture » – Projet de loi de finances pour 2023

28 Novembre 2022 – Sénat – Séance publique

Défendre le budget de la culture pourrait se limiter à relever ses externalités positives. En réalité, l’État doit la promouvoir sans attendre la contrepartie comptable équivalente. La culture fait partie de nos valeurs républicaines. Elle est l’expression d’une acception kantienne de notre liberté : par essence, elle est essentielle. 

Je salue l’effort en faveur de la culture dans le plan de relance, qui se traduit dans le programme de commande publique « Mondes nouveaux », doté de 10 millions d’euros. Nous espérons que notre amendement renforçant les moyens du spectacle vivant, adopté en première partie du PLF, survivra à la navette. 

La culture devra affronter les difficultés engendrées par la hausse des coûts de l’énergie et la baisse de pouvoir d’achat de nos concitoyens.

Les Jeux olympiques et paralympiques sont un autre sujet d’inquiétude. Le monde culturel attend des réponses pour pouvoir préparer sa programmation. 

Les crédits de la mission augmentent d’environ 7 %. C’est un effort significatif, mais veillons à respecter l’équité. La culture, c’est pour tous et partout !

Le patrimoine est un marqueur de l’identité de nos territoires. Les crédits du programme 175, consacré au patrimoine, augmenteront de 7,5 %. Cela ne reflète pas l’ensemble de l’effort de l’État en faveur du patrimoine. De plus, ces crédits sont fortement consacrés aux monuments historiques et aux musées. Rappelons que les collectivités territoriales investissent 650 millions d’euros chaque année dans le patrimoine ; leur rôle est essentiel. 

Tous les moyens réunis, y compris ceux de la mission Bern et son fameux loto, suffiront-ils pour répondre aux défis ? Le renchérissement du coût des travaux et la transition écologique sont les nouveaux enjeux, qui oblitéreront la hausse des crédits. Ne mettons pas dos à dos patrimoine et développement durable. Nous disposons des outils technologiques pour concilier ces enjeux. Néanmoins, les moyens déconcentrés de l’État sont très contraints. 

L’égal accès à la culture est prévu dans le programme 361, dont le pass Culture absorbe 25 % des crédits. Je m’en réjouis, mais le spectacle vivant et les musées recueillent moins d’attention, ce que je regrette. Comme le disait Malraux en 1966, chaque enfant de France doit avoir droit aux tableaux, au théâtre et au cinéma, comme il a le droit à l’alphabet. Il serait souhaitable de ne pas négliger les autres volets du programme, tels que les actions plus traditionnelles d’éducation artistique et culturelle.

Parce qu’elle est au coeur de notre projet républicain, la culture doit toujours être soutenue.

Le RDSE a voté ces crédits. 

L’essentiel de la mission : http://www.senat.fr/rap/l22-115-38/l22-115-380.html#toc0

Débat sur la fin de vie – Réunion du groupe de travail – « Parlementaires » 16 novembre 2022

Ministère du renouveau Démocratique, Porte Parlât du Gouvernement.

Exposé de l’Avis 139 du Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) sur les « Enjeux éthiques relatifs aux situations des fins de vie » avec la réflexion éthique et les évolutions législatives, les problématiques et les recommandation du CCNE suivi de la présentation des résultat du sondage réalisé dans le cadre du 5ème plan Soins palliatifs et Fin de Vie (SPFV).

Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2023 – Explication de vote – 15/11/2022

         L’examen du PLFSS devrait être une consultation programmée avec un rendez-vous retenu depuis longtemps. Mais avec des amendements irruptifs, le jour même ou le soir pour le lendemain, sans avis de la commission, nous nous retrouvons parfois en consultation d’urgence. Pourtant, tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est la prévention qui serait la réponse la plus adaptée aux maux dont souffrent les finances de la sécurité sociale.

Certes nous saluons la réduction du déficit, convaincus que la maladie de la dette n’a pas un bon pronostic. Ce PLFSS se rapproche davantage d’une compression pour contenir une hémorragie que d’une prise en charge globale de la maladie, et les quelques très bons amendements de notre groupe RDSE restent des pansements sur une plaie encore trop béante.

         C’est une loi de programmation globale dont le sanitaire et la protection sociale ont besoin. Vous nous dîtes : CNR, mais comme la loi d’approbation des comptes avant le 1er juin, la thérapie est insuffisante.

Alors quel traitement est proposé ? Nous saluons la mise en place des rendez-vous de prévention aux moments charnières  de la vie. 25, 45, 65 ans, il faut aussi envisager une consultation de prévention supplémentaire à l’inscription en étude supérieure, moment où la santé physique et psychique de certains étudiants est inquiétante.

Nous attendons avec impatience une conférence nationale des générations et de l’autonomie qui doit réunir les acteurs de la politique de soutien à l’autonomie avec une mission prospective de documentation des données démographiques, médicales et socio-économiques du vieillissement et de la dépendance. 

Madame la Présidente de la commission s’est aussi engagée à mener une mission en réponse à notre amendament de Stéphane Artano sur le handicap psychique.

Le groupe RDSE n’a pas voté l’amendement de notre collègue René-Paul Savary, sur le recul des droits à la retraite. Les partenaires sociaux se sont enfin mis autour de la table et ce serait un mauvais signal à leur envoyer. Faisons-leur confiance.

Le Président Emmanuel Macron a mis cette réforme à l’ordre du jour. Le groupe RDSE est conscient de la nécessité de réformer notre système de retraites, et nous espérons que cela se fera avec un accord des partenaires sociaux et dans le cadre du projet de loi attendu en 2023. 

J’émets un regret au sujet des IPA. L’évolution des techniques et l’exercice de la médecine générale en auront besoin, pas seulement pour répondre à la démographie médicale.

Dans dix ans, les pratiques auront évolué avec l’intelligence artificielle et la robotique. Les transferts de tâche seront nécessaires pour rendre du temps d’analyse et de synthèse aux généralistes.

La 4ème année du 3ème cycle des études de médecine générale pour former aux pratiques médicales de terrain est nécessaire. Sa finalité ne doit pas être l’envoi de médecins débutants peupler les déserts médicaux. Elle est avant tout une année de formation pour la spécialité de médecine générale, comme pour toutes les autres spécialités. Elle apportera naturellement du temps médical dans les déserts médicaux.

Cette année devrait aussi pouvoir s’exercer à mi-temps en hôpital de proximité. L’exercice mixte ville-hôpital est un mode d’exercice recherché par de futurs médecins et utile pour nos territoires. Notre amendement a hélas été rejeté.

Les futurs médecins doivent échapper au conventionnement sélectif punitif. Il est sage de laisser les discussions conventionnelles proposer des solutions consensuelles pour repeupler les déserts médicaux avec des temps dédiés dans les zones sous denses proposés à tous les praticiens. 

Les exonérations de cotisations retraites des médecins qui cumulent emploi et retraite pour répondre à l’actuelle carence médicale sont une démarche que nous soutenons. 

Cela ne doit pas être une solution de long terme mais une réponse conjoncturelle en attendant les effets du numerus apertus et des partages de tâches.

C’est aussi la raison de la signature des certificats de décès par les infirmiers. Le groupe RDSE avait présenté plusieurs amendements, mais l’épidémie d’article 40 qui s’est abattue sur nos amendements les a écartés. 

Nous pouvons être très inquiets de la contamination financière du monde médical : les cliniques ne sont plus les outils de travail des professionnels de santé, mais des investissements financiers qui doivent devenir très rentables pour satisfaire les actionnaires. Après les cliniques et les labos, ce sont les centres de santé qui deviennent la proie de cette marchandisation de la médecine avec des pressions sur les professionnels salariés et que l’on incite à prescrire dans un système couteux pour les finances de la sécurité sociale.

Il en est de même des réseaux de santé : optique, dentaire pour l’instant. C’est une perte de liberté des professionnels et des patients. Notre collègue Alain Milon l’a très bien dit :  avec les complémentaires santé, il n’y a pas de participation selon ses moyens et de prestations selon ses besoins. 

Il faut s’interroger sans tabou sur une sécurité sociale universelle plus juste et moins coûteuse, et que les complémentaires deviennent des supplémentaires.

Il faut revoir la gouvernance des hôpitaux et l’omnipotence administrative dont on peut mesurer les effets iatrogènes, et décentraliser décisions et organisation en fonction des territoires.

Enfin je poursuis mon combat pour une évolution vers un équilibre entre la part Beveridge et le système bismarckien de sécurité sociale. 

Que la vieillesse et les AT/MP soient financés par ceux qui travaillent, mais la santé, la famille et la dépendance peuvent l’être avec les nouvelles répartitions de richesse de la société : par la CSG, l’impôt et la TVA sociale. 

En diminuant les charges sur les salaires, les travailleurs seront mieux rémunérés et les charges des entreprises qui les emploient allégées. 

Emmanuel Macron l’avait initié au début de son précédent mandat, nous encourageons le gouvernement à aller plus loin. Malgré quelques avancées intéressantes, malgré nos amendements adoptés, notre groupe se partagera entre abstentions et votes contre le recul de la retraite par amendement. 

Journées parlementaires du Groupe RDSE Communiqué de Presse.

Journées parlementaire du 20 et 21 septembre 2022 à Lyon.

Incident au stade de France – Audition des représentants des supporters

Les auditions menées par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication et la commission des lois sur les incidents Stade de France se poursuivent.

Mardi 21 juin, nous avons entendu des représentants des supporters et le maire de Saint-Denis.

Retrouvez ma question posée à Ted Morris (Représentant des supporters de Liverpool) ainsi que sa réponse.

L’intégralité de l’audition : https://bit.ly/3zWYlUx




Mission commune d’information – Culture citoyenne.

Jeunesse et citoyenneté : une culture à réinventer

23 recommandations pour redynamiser la culture citoyenne.

La culture citoyenne est ce qui permet à chacun de s’inscrire dans un projet commun par des références partagées. 

Quels sont aujourd’hui les fondements de la culture citoyenne dans un pays en proie à de réelles fractures, où le taux d’abstention traduit élection après élection une distance qui se creuse entre citoyens et élus ?

Pour répondre à cette question, la mission d’information du Sénat s’est penchée sur les différentes étapes d’un parcours citoyen qui commence à l’école, qui se poursuit lors de la journée défense et citoyenneté, qui se concrétise à travers l’engagement et qui conduit à exercer des choix politiques à travers le vote ou la participation au débat dans le cadre de la démocratie participative.

Face au constat d’une méconnaissance généralisée du fonctionnement des institutions et au sentiment d’illégitimité ressenti par certains jeunes électeurs, la mission d’information formule 23 recommandations pour améliorer la formation à la citoyenneté, plus particulièrement dans le cadre de l’enseignement moral et civique, pour mieux articuler les politiques publiques encadrant l’engagement des jeunes, pour dépoussiérer le processus électoral et pour faire des jeunes des acteurs à part entière de la vie démocratique.


La synthèse des 23 recommandations ICI