Quel mot est plus beau dans notre langue que «ESPERANCE» ?

L’espérance de vie augmente dans notre pays comme sur toute la planète. Dans cette période de crise économique, ce doit être un motif de satisfaction à garder à l’esprit. Or on fait de ce point positif, une catastrophe : cela mettrait en péril l’équilibre des retraites et cela conduirait à voir s’accroître le nombre de personnes âgées dépendantes. Pourtant l’espérance de vie en bonne santé augmente beaucoup plus vite que l’espérance de vie générale. On surestime le poids à venir de la dépendance, une récente étude publiée le mois dernier dans « Sciences » conclu à une surestimation de 80 % des personnes âgées dépendantes à venir. On mesure le poids économique des personnes âgées en coût de santé ou dépense de voyage et loisir. Je n’ai pas trouvé de mesure de la production de richesse des personnes âgées.

Les retraités pourraient être considérés comme des « quasi fonctionnaires », ils sont rémunérés par la collectivité et exercent une fonction publique qu’ils choisissent : certains gardent leurs petits enfants remplissant ainsi la fonction d’assistant maternel, d’autres leurs parents parfois dépendants, complétant l’intervention des auxillaires de vie, d’autres assurent des tâches administratives dans la vie associative, d’autres sont producteurs de fruits et légumes en cultivant leur jardin. On le voit, nos ainés produisent des richesses qui ne sont pas toutes comptabilisées dans le PIB de notre pays. Le PIB est un mauvais indicateur du bonheur des habitants d’un pays, il faut trouver un indicateur qui mesure l’apport de nos ainés dans notre société. Cela permettra d’aborder les problèmes de retraite, de dépendance, de 5ème risque dans un autre état d’esprit.

Je reste consterné par la façon réductrice dont le débat sur les retraites a été rapporté. Le problème n’est pas de savoir comment assurer nos retraites futures, il est de trouver une solution immédiate pour payer celles de nos parents et de nos ainés. Nous ne pouvons pas créer une dette insupportable pour nos enfants à qui l’on demanderait de payer nos retraites alors que nous aurions refusé d’assumer celles de nos parents. Le message que nous envoyons aux générations qui nous suivent est inquiétant. Montrons-nous responsables et justes.

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À propos de Bernard Fialaire

Sénateur du Rhône, Membre du groupe RDSE au Sénat. Vice-président de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport. Vice-président de la délégation à la prospective. Président du groupe interparlementaire d'amitié France Turquie. Membre du groupe d'études Pratiques sportives et grands événements sportifs. Membre du groupe d'études Vigne et vin et de l’ANEV, Association des élus de la vigne et du vin. Maire de 1995 à 2020, à Belleville-en-Beaujolais (Rhône). Conseiller général puis départemental de 1994 à 2021, à Département du Rhône. Président de 2001 à 2020, à Communauté de Communes Saône-Beaujolais. Médecin.

Publié le octobre 10, 2010, dans Ce que j'ai à vous dire, Vie Municipale, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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