Pour un réformisme radical

Si Jean DANIEL continue à écrire les mêmes éditos dans le Nouvel Obs, j’arrête d’écrire sur mon blog et me contente de recopier ses articles. Dernier en date : « Pour un réformisme radical », il reprend le mot d’Albert CAMUS qu’il décline en 14 points :

« 1- Je ne veux plus changer le monde, je veux le réformer. Je suis réformiste non pas seulement par renoncement à la révolution mais par croyance aux progrès, et je souligne que j’écris ce dernier mot au pluriel. On ne peut plus croire au progrès au sens de Condorcet, de Marx ou d’Auguste Comte. Avant d’être condamné au supplice, Prométhée a tout de même réussi à dérober quelques secrets à Zeus, qui ont fait progresser l’humanité en maints domaines. Je maintiens qu’on peut continuer à le faire ici-bas, dans ce monde et tous les jours.

2- Le réformisme radical se conçoit à l’intérieur de l’héritage des lumières et dans la considération de la raison critique comme un irréversible progrès, même si ces instruments intellectuels de la raison doivent servir à souligner les limites de la raison.

3- Le siècle précédent m’a conduit à refuser toutes les révolutions, à accueillir toutes les résistances et à m’associer aux entreprises de réformes, mais avec un RADICALISME qui empêche les compromis de devenir des compromissions. Le « réformisme radical » exclut toute passivité désenchantée. Il est animé d’un esprit de conquête nullement incompatible avec la passion démocratique, la vigilance républicaine, l’imagination de la modernité.

4- L’explosion des dogmes et des idéologies doit conclure à un respect, voire à un véritable culte de la complexité. En dehors des joutes de la politique et du divertissement des polémiques, le péremptoire n’est plus supportable. J’ai décidé, quant à moi, de m’intéresser toujours aux raisons pour lesquelles on est en désaccord avec moi…

5- La sagesse consiste désormais à ne jamais séparer les concepts de liberté et d’égalité. La première sans la seconde aboutit à la jungle des compétitions. L’égalité sans la liberté mène à l’uniformité et à la tyrannie.

6- Ne jamais séparer non plus le souci de la création de richesses du souci de leur répartition. C’est l’homme qui reste le but de toute création.

7- Dans cet esprit, l’argent ne peut être que le symbole d’une marchandise et l’instrument qui sert à mieux la faire circuler. Dès que la spéculation conduit à considérer l’argent comme une fin et non comme un moyen, autrement dit, dès que le capital se « financiarise », la société tout entière se transforme en une bourse des valeurs qui n’a plus le choix qu’entre un comportement suicidaire et le brigandage.

8- … HEQUEL a fait l’éloge de la Révolution (1789) mais non de la Terreur (1793), et il a vu dans cette dernière non pas un progrès mais une régression. Il n’y a donc pas de fatalité progressiste de la violence, bien au contraire.

9- Il peut cependant y avoir une nécessité de la guerre qui est à la fois « inévitable et inexcusable » pour des raisons d’autodéfense. Mais elle ne saurait être entreprise qu’en tout dernier recours, après que toutes les autres solutions ont été envisagées. Lorsque la guerre est décidée il faut garder à l’esprit 3 réflexions : « a- Oui, il faut parfois se résigner à la guerre, mais en n’oubliant jamais qu’en dépit de la justesse de la cause, on participe à l’éternelle folie des hommes » (Barack OBAMA) ; « b- Chaque fois qu’un opprimé prend les armes au nom de la justice, il fait un pas dans le camp de l’injustice » (Albert CAMUS) ; « c- La justice, cette fugitive qui déserte souvent le camp des vainqueurs » (Simone WEIL).

10- … Dans une époque où l’éclatement des dogmes, où les conflits de la foi conduisent aux fanatismes et où il devient de plus en plus difficile de parler d’universalité des valeurs, une haine s’impose, et le mot n’est pas trop fort, celle de tous les absolus.

11- … les victimes des génocides ne doivent pas se dire « plus jamais nous ! » mais « plus jamais ça ! ».

12- L’abolition de la peine de mort est l’un des grands progrès dont nous avons dit qu’ils étaient possibles mais à la condition que le délinquant à perpétuité ne soit pas conduit au suicide dans sa prison. Sinon, il s’agit seulement d’un meurtre déguisé.

13- … 14- …ne pas installer son fauteuil dans le sens d’une résignation aux malheurs de la vie et à la malédiction des hommes… »

Ces leçons que Jean DANIEL dit tirer de ses maîtres auraient toute leur place en préambule du futur manifeste du Parti Radical. Le réformisme radical est bien cet humanisme social, laïque, républicain auquel il convient désormais d’ajouter une dimension écologique. L’absolue nécessité de respecter la nature et tous ceux qui y vivent en replaçant l’Éducation comme priorité des missions de notre République.

Publié le avril 8, 2010, dans Ce que j'ai à vous dire, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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