Mission Recherche et enseignement supérieur – Projet de loi de finances pour 2023
28 novembre 2022 – Sénat – Séance publique.
Madame la ministre, vous visez l’égalité des chances pour l’accès à l’enseignement supérieur : parlons-en. La diversité sociale n’a pas progressé en dix ans au sein des grandes écoles : parents CSP+ et Franciliens restent la norme.
Pour les 83 000 étudiants en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE), la majorité des dix meilleurs établissements sont publics pour les filières scientifiques et littéraires, mais sept des dix meilleures prépas économiques et commerciales sont privées, avec des frais de scolarité annuels supérieurs à 5 000 euros par an, sans parler des officines privées. Le tutorat gratuit gagnerait à être développé.
L’enseignement public doit être la voie d’excellence. Le jeu vidéo ne bénéficie que d’une formation supérieure publique malgré son développement. Les déterminants non académiques de la réussite ne doivent pas constituer un obstacle et le mérite doit demeurer un ascenseur social.
Parcoursup devait favoriser un taux minimal de bacheliers boursiers dans le supérieur, y compris dans les filières sélectives : mais si le taux de néo-bacheliers boursiers admis dans le supérieur est passé de 20 à 25 %, ils restent peu nombreux dans les CPGE – 28 % seulement, alors qu’ils sont 39 % à l’université et 54 % dans les sections de techniciens supérieurs (STS). Et votre objectif stagne à 30 % jusqu’en 2025 : il faut plus d’ambition !
Je salue les mesures prises par le Gouvernement en faveur du pouvoir d’achat des étudiants : gel des loyers universitaires, revalorisation des bourses et repas à 1 euro. Le produit de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC) devrait atteindre 175 millions d’euros en 2023, 25 millions de plus qu’en 2022, pour favoriser la pratique sportive et l’accès à la culture.
Je me réjouis de l’extension du pass’sport à 800 000 étudiants boursiers, mais, madame la ministre, le sport universitaire est trop négligé.
Enfin, ce budget prévoit une hausse des budgets des universités et des organismes de recherche, des revalorisations salariales et la création de 650 postes de chaires de professeur junior et de doctorants. Aucun chercheur ne sera désormais payé moins de deux Smic en début de carrière : c’est indispensable pour redonner de l’attractivité à la recherche.
Le groupe RDSE a voté les crédits de la mission.
L’essentiel du rapport : http://www.senat.fr/rap/l22-115-313/l22-115-3130.html#toc0
Publié le novembre 29, 2022, dans sénat. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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